Des échauffourées entre agriculteurs et forces de l’ordre à Toulouse ont fait cinq blessés et mis en lumière les tensions autour du traité Mercosur et de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Réunis à l’appel de l’intersyndicale Coordination rurale-Confédération paysanne et FDSEA, les manifestants ont brièvement lancé des chaises et été confrontés à des tirs de gaz lacrymogènes après que le cortège a tenté d’emprunter un itinéraire non autorisé par la préfecture. Des interpellations ont été rapportées, bien que les détails restent partiellement contradictoires selon les sources locales.
À Toulouse, tensions entre agriculteurs et forces de l’ordre
Dans le centre-ville, la manifestation est entourée par une dizaine de fourgons de police; l’objectif initial était un parcours jusqu’à la cité administrative, mais les forces de l’ordre ont bloqué l’itinéraire. Des manifestants ont brièvement jeté des chaises et les autorités ont utilisé des lacrymogènes pour disperser les rangs. Selon les témoignages, cinq personnes ont été placées en garde à vue en périphérie de la ville et des engins agricoles ont été immobilisés sur la N 124 et à Castelmaurou.

« C’est de la provocation, on a été bousculés », a déclaré Éloi Nespoulous, coprésident de la Coordination rurale (CR) de l’Aveyron, annonçant que la CR serait reçue en préfecture dans l’après-midi. « Interdire aux paysans de venir en tracteurs (…), c’est un manque de considération », a déclaré Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne. « On est contre l’abattage (systématique des troupeaux en cas de DNC) et pour l’arrêt des traités de libre-échange », a ajouté Jonathan Kirchner, secrétaire général de la Confédération paysanne de Haute-Garonne, « c’est de la concurrence déloyale ».
Selon Actu Toulouse et La Dépêche, deux collègues de l’Ariège avaient été interpellés pour avoir voulu venir en tracteur, et des engins ont été bloqués sur la N 124 à Colomiers puis à Castelmaurou, à l’opposé des itinéraires autorisés par la préfecture. Le mouvement est également nourri par une inquiétude partagée sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et son impact sur les élevages.
Le Parlement européen a saisi mercredi la Cour de justice de l’UE pour vérifier la légalité du traité avec le Mercosur, ce qui suspend le processus de ratification pendant un an et demi.
Contexte et réactions autour du Mercosur et de la DNC
La dynamique du mouvement mêle dénonciation du traité commercial et appels à une meilleure gestion de la DNC. Des divergences subsistent sur les motifs précis et les itinéraires empruntés, témoignant d’un front uni sur les objectifs mais pas sur les méthodes.
En parallèle, la décision du Parlement européen de saisir la Cour de justice de l’UE est présentée comme une étape majeure dans le processus de ratification du Mercosur, retardant potentiellement le calendrier de signature.