La Metropolitan Police de Londres a averti que toute personne manifestant publiquement son soutien au groupe Palestine Action risque désormais d’être arrêtée, revenant ainsi sur une posture antérieure après une réévaluation de la situation juridique. Cette annonce intervient alors que la décision de la Haute Cour, qui avait jugé en février la proscription du groupe contraire à la loi, est désormais en instance d’appel gouvernemental.
La Met justifie sa reprise de mesures
Le commissaire adjoint James Harman a expliqué que la force policière avait revu sa position après que la cour d’appel a accepté d’examiner le recours du gouvernement. « La Haute Cour a jugé que la proscription de Palestine Action était illégale, mais elle a confirmé que cet arrêt n’aura d’effet qu’une fois l’appel gouvernemental examiné, ce qui pourrait prendre plusieurs mois », a-t-il déclaré.
En conséquence, selon M. Harman, il demeure un délit pénal de soutenir Palestine Action tant que l’appel n’a pas été tranché. « La police doit appliquer la loi telle qu’elle est au moment présent, et non telle qu’elle pourrait être à une date ultérieure », a-t-il ajouté, précisant que l’application continue de la loi « est susceptible d’entraîner l’arrestation de personnes commettant des infractions » affichant leur soutien au groupe.
Des militants témoignent après des grèves de la faim
Plusieurs militants liés à Palestine Action, récemment remis en liberté sous caution, ont tenu une conférence de presse pour évoquer leur détention et les séquelles sur leur santé après une longue grève de la faim. Ils ont décrit des conditions de détention difficiles et des effets durables sur leur bien‑être physique.
Ce témoignage intervient alors que le débat public s’intensifie autour des mesures prises contre le groupe, et que les autorités défendent la nécessité de prévenir des infractions présumées en attendant l’issue judiciaire.
Contexte et réactions
En juin, le gouvernement britannique a inscrit Palestine Action sur la liste des organisations proscrites au titre de la législation antiterroriste, l’assimilant à des groupes armés et rendant illégal le fait d’en être membre ou d’en soutenir publiquement les actions. Cette décision faisait suite à une action des militants qui avaient pénétré une base de la Royal Air Force et aspergé d’une peinture rouge des avions militaires, incident revendiqué par le groupe.
La Haute Cour avait ensuite estimé en février que la désignation comme « groupe terroriste » était illégale et disproportionnée. La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé son intention de faire appel de ce jugement devant la Cour d’appel.
Activisme, contestation et chiffres
Créé en juillet 2020, Palestine Action a organisé des centaines de manifestations au Royaume‑Uni, ciblant notamment des entreprises qu’il accuse de profiter des opérations militaires israéliennes, avec une attention particulière portée sur la société Elbit Systems.
La proscription a suscité une série de recours judiciaires, de vives critiques d’associations de défense des droits et des manifestations. Les organisations adversaires qualifient la mesure d’excessive, estimant qu’elle pénalise le droit légitime à la contestation politique.
- Plus de 2 000 personnes ont été arrêtées dans des affaires liées au soutien présumé à Palestine Action.
- Des milliers de manifestants pacifiques ont été interpellés dans le contexte des opérations de police liées à cette proscription.