La France envisage d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et teste cet été une application de vérification d’âge sur les réseaux sociaux, développée en coopération avec l’Union européenne. Cet ensemble de méthodes vise à établir l’âge des internautes sans révéler leur identité, tout en pesant les risques pour la vie privée et l’efficacité des contrôles. Parmi les options évoquées figurent le document d’identité, le selfie et des services cryptographiques basés sur la technologie « zéro-connaissance » (en anglais « Zero-Knowledge Proofs »).
Vérification d’âge sur les réseaux sociaux : cadre et tests en Europe
Dans l’Union européenne, une solution de portefeuille d’identité numérique est en cours de test et pourrait être intégrée dans les services en ligne. L’Union européenne va également inclure cette fonctionnalité au sein de son service de portefeuille d’identité numérique, conçu pour permettre aux utilisateurs de partager leurs documents officiels depuis leur téléphone.
Elle fonctionne sur le même principe que les applications tierces : l’utilisateur prouve son âge sur l’application via un document d’identité et peut ensuite accéder aux sites concernés sur simple validation d’une notification sur son téléphone.
Une méthode à l’étude chez TikTok et qui « pourrait constituer un outil complémentaire efficace », a indiqué la plateforme.
Par ailleurs, les approches reposent sur des technologies comme la cryptographie « zéro-connaissance » (en anglais « Zero-Knowledge Proofs »), qui permet de prouver qu’on dispose d’une information sans la révéler. Le cadre législatif et technique est encore en cours d’ajustement, tout en s’inscrivant dans une logique plus large de contrôle de l’accès en ligne et de protection des jeunes internautes.
Vie privée et usages adolescents
Les outils envisagés s’inscrivent dans un débat important sur la vie privée. L’autorité chargée en France de contrôler l’usage des données personnelles rappelle ainsi que le contrôle de l’âge conduit « à collecter des données et présente des risques pour la vie privée ». Des solutions alternatives, comme le selfie ou l’estimation d’âge par intelligence artificielle, ont également été évoquées. L’outil d’estimation d’âge développé par la start‑up londonienne Yoti peut évaluer l’âge en moins d’une minute, et des partenaires envisagés promettent de supprimer les données recueillies à l’issue du processus. Cependant, des observateurs s’inquiètent des erreurs possibles et des techniques d’évitement par les plus jeunes.

Chiffres et pratiques actuelles
Les réseaux sociaux disposent déjà d’outils de suivi pouvant mener à la vérification et à la suppression d’un compte soupçonné d’appartenir à un mineur. Ils s’appuient sur l’activité de l’utilisateur pour détecter des fraudes, comme la photo de profil ou les contenus consultés, et pour personnaliser le contenu publicitaire.
TikTok a indiqué avoir supprimé 642 000 comptes soupçonnés d’appartenir à des mineurs en France en 2024. Ces pratiques, qui s’inscrivent dans le cadre des règles de l’UE protégeant les mineurs, soulèvent des questions de confidentialité et d’exactitude, et les autorités insistent sur la nécessité de balises et de contrôles adéquats.