Dans le centre de la Bretagne, Bernadette, centenaire atteignant ses 100 ans au compteur le 9 juin 2025, avance au marché de Quintin avec son déambulateur. Chaque mardi, elle remplit son panier chez le maraîcher et le fromager, signe d’une routine bien huilée qui témoigne de son autonomie et d’un mode de vie qu’elle entretient depuis des décennies.
Née en 1925, Bernadette rappelle qu’elle n’est pas Bretonne d’origine, elle est Savoyarde d’Aix-les-Bains. Son arrivée à Quintin, à l’âge de 23 ans après son mariage avec un Breton, a marqué le début d’un quotidien façonné par le climat, le vent et l’humidité de la Bretagne, difficiles à leur début. Elle a vécu les années noires de la Seconde Guerre mondiale, entre couvre-feu, rationnement et immobilité.
Un parcours de longévité et de résilience
Installée en Bretagne depuis la fin des années 1940, Bernadette a élevé six enfants tout en s’impliquant bénévolement dans la vie locale. Elle a animé des séances de catéchisme et s’est investie pendant 25 ans dans le club local de patinage artistique, une passion partagée avec l’une de ses filles. Ces engagements ont contribué à maintenir son lien au monde et à favoriser un esprit de communauté, éléments importants du bien vieillir.
Un quotidien sain: alimentation et activité physique
Côté alimentation, Bernadette n’a jamais fumé et boit très peu d’alcool. Elle privilégie une alimentation saine et équilibrée, avec des potages de légumes quotidiens et parfois du poisson, le tout préparé à la vapeur et avec des produits de saison. Elle s’autorise, chaque mardi, un plaisir coupable sous forme d’un chèvre mothais sur feuille de châtaignier acheté chez son fromager préféré. Cette simplicité culinaire s’inscrit dans une démarche de modulation du poids et de nutrition adaptée à une vie active.
Sur le plan physique, elle demeure active au quotidien. Chaque matin, elle pratique quelques mouvements de gymnastique sur sa terrasse en se tenant à la rambarde pour éviter les chutes. Elle chemine ensuite sur des distances de 3 à 4 kilomètres, franchissant sans hésitation même les côtes menant à son domicile.
À 100 ans: autonomie, curiosité et regard sur l’avenir
Autonome et vive d’esprit, Bernadette affirme que « 100 ans est un grand âge mais je me sens relativement bien ». Elle continue de suivre l’actualité et d’entretenir sa curiosité pour le monde qui l’entoure. Sa fille Chantal résume l’attitude de sa mère: « Elle se projette ». Installée dans la quiétude de Quintin, elle savoure chaque instant et s’accorde des rêves d’un avenir autre, tout en reconnaissant que sa foi a évolué depuis la disparition de son mari: elle se dit moins croyante, mais garde une ouverture sur le sens de la vie. La mort n’est pas ignorée: « Ce serait trop triste, tout ça pour rien », confie-t-elle. Bernadette incarne, à sa manière, l’art de vieillir sans renoncer à vivre, en restant active, curieuse et profondément attachée à son territoire breton et à ses habitudes de vie saine.