En période de canicule, les personnes diabétiques doivent être particulièrement vigilantes, car leur glycémie peut varier de façon imprévisible lorsque la température augmente et que la transpiration s’accentue.
La chaleur agit comme un stress thermique; elle peut provoquer une sécrétion plus importante de cortisol, l’hormone du stress, qui est associée à une glycémie plus élevée. Selon la Dre Emmanuelle Lecornet Sokol, endocrinologue diabétologue à Paris, cet effet est l’un des principaux mécanismes en jeu.
Pourquoi la chaleur fait monter la glycémie
Par ailleurs, la déshydratation liée à la sudation contribue à augmenter la concentration de glucose dans le sang et peut diminuer l’efficacité de l’insuline. La chaleur peut aussi influencer d’autres facteurs, comme une moindre activité physique, une qualité de sommeil perturbée et une plus forte envie de manger des produits sucrés (sodas, glaces, fruits), qui participent à l’élévation de la glycémie.
À l’inverse, la chaleur peut occasionner des hypoglycémies chez certains patients. La dilatation des vaisseaux sanguins peut accélérer l’absorption de l’insuline chez les patients sous traitement insulinique, ce qui peut faire baisser rapidement le taux de sucre. La chaleur peut aussi diminuer l’appétit et réduire les apports de sucre alimentaire.
Ces multiples facteurs soulignent l’importance de surveiller de près la glycémie en période de canicule et d’ajuster le traitement sur les conseils du médecin.
Effets de la chaleur sur les traitements et les outils de surveillance
Au-delà des variations de glycémie, la chaleur peut impacter les traitements du diabète et certains dispositifs d’autosurveillance. Les capteurs et les patchs de glycémie adhèrent moins bien sur une peau moite et humide, et les lecteurs de glycémie peuvent afficher des valeurs erronées s’ils sont exposés à des températures élevées.
Diabète de type 2 et hyperglycémie : comment baisser sa glycémie rapidement en urgence
En cas d’hyperglycémie, les patients sous insuline doivent en premier lieu suivre les recommandations de leur médecin, qui préconisent généralement l’injection d’insuline rapide. Il est crucial de surveiller sa glycémie dans l’heure qui suit pour éviter une hypoglycémie ultérieure.
Outre l’ajustement du traitement, l’activité physique demeure l’un des moyens les plus efficaces pour faire baisser la glycémie. Toute activité physique est bénéfique : marche rapide, exercices de résistance, musculation ou même les gestes du quotidien (monter les escaliers, jardiner, faire le ménage) aident le corps à puiser dans le glucose sanguin.
En période de forte chaleur, l’exercice doit être pratiqué prudemment afin d’éviter la surchauffe et les hypoglycémies brutales. Lorsque c’est possible, la nage ou l’aquagym peut être privilégiée, car l’eau aide à réguler la température corporelle. La marche rapide peut se pratiquer le matin tôt ou le soir, sur 15 à 30 minutes, en veillant à boire régulièrement et à s’hydrater.
La plupart des salles de sport sont climatisées et permettent une activité physique modérée en sécurité pendant les périodes chaudes.
Les bons réflexes pour stabiliser sa glycémie en période de canicule
- Boire beaucoup d’eau, même sans sensation de soif, et éviter les expositions prolongées au soleil.
- Consommer des aliments riches en eau et peu sucrés : soupes froides, légumes, fruits peu sucrés.
- Éviter l’alcool et les boissons sucrées qui aggravent la déshydratation et la glycémie.
- Reporter les sorties aux heures les plus chaudes et se rafraîchir régulièrement (linge humide, brumisateur).
- Surveiller sa glycémie plus fréquemment et conserver lecteurs de glycémie, bandelettes et électrodes dans un endroit frais.
- Adapter les doses d’insuline si nécessaire, selon les recommandations de son médecin diabétologue.
- Respecter les instructions de conservation des médicaments indiquées sur la notice.
- Conserver l’insuline au frais, sans la congeler.