Une médecin réquisitionnée à Bully
C’est un fait divers qui souligne les défis des déserts médicaux en France : épuisement des médecins, autorités de santé démunies et patients abandonnés.
Mardi dernier, dans la commune de Bully près de Roanne, une médecin généraliste a reçu la visite de trois gendarmes. Ils sont venus lui remettre une réquisition préfectorale, émanant de l’Agence régionale de santé (ARS), lui demandant d’assurer deux gardes médicales, dont une le soir même de 20 heures à minuit.
Un contexte de surcharge de travail
Au préalable, deux médecins exerçaient dans ce cabinet médical, mais depuis six mois, cette médecin se retrouve seule à gérer les consultations, après le départ de sa collègue en juin 2024. Avec une charge de travail colossale, elle a décidé en janvier 2025 de ne plus effectuer de gardes en soirée et le week-end, une décision qu’elle a communiquée aux autorités de santé.
Réaction des autorités de santé
Maxime Audin, directeur adjoint de la délégation Loire de l’ARS, a expliqué : « _J’ai proposé au préfet de faire un arrêté de réquisition compte tenu du fait que le tableau de garde était incomplet. Je suis là pour assurer le meilleur accès possible aux soins pour les habitants du secteur qui ont le droit d’être malades._ » Cette déclaration fait suite à la « descente » de gendarmes chez la généraliste.
Conséquences pour la médecin et les patients
La médecin concernée a mal pris cette intervention. Choquée, elle a terminé ses consultations du jour et a depuis été placée en arrêt maladie jusqu’au 15 février prochain. Face à cette situation, elle envisage même de mettre fin à son activité.
Bien qu’un médecin devrait bientôt assurer un suivi des soins chaque semaine à Bully, cette mésaventure met en péril l’avenir du cabinet médical et n’envoie pas un message encourageant aux nouveaux médecins souhaitant s’installer en zone rurale.
Un impact sur l’attractivité des zones rurales
Mireille Brunelin, adjointe à la mairie de Bully, a exprimé son inquiétude : « _Lorsque vous voyez qu’on fait venir un gendarme pour obliger un médecin à faire des gardes, je pense que les jeunes médecins qui veulent s’installer n’ont sûrement pas envie de venir dans un cabinet dans une petite commune._ » Cette situation illustre les véritables difficultés rencontrées par les médecins généralistes dans les zones rurales en France.