Des chercheurs de l’université de Palo Alto, en Californie, ont passé au crible les nuits de près de 20 000 adultes équipés de capteurs, entre septembre 2021 et août 2022. Soit plus de 6 millions de nuits analysées pour mesurer l’impact de l’heure du coucher sur l’activité physique du lendemain. Les résultats montrent un lien net entre l’heure d’endormissement et le niveau d’activité du lendemain, même lorsque la qualité du sommeil reste satisfaisante.
Les données indiquent que ceux qui se couchent avant 21 h bougent nettement plus que les couche-tard. En moyenne, ils réalisent environ 30 minutes d’activité physique supplémentaire par rapport à ceux qui se couchent vers 1 h du matin, et 15 minutes de plus que ceux qui s’endormissent à 23 h. Et ce phénomène ne se limite pas à des groupes spécifiques : chaque personne qui avance son heure de coucher voit son activité du lendemain augmenter.
Ce que montre vraiment cette étude
Les chercheurs constatent que plus le coucher est tardif, plus l’activité physique diminue, et ce même si le sommeil est suffisant. À l’inverse, les personnes qui s’endorment plus tôt, tout en conservant le même nombre d’heures de sommeil, affichent une activité plus élevée le lendemain. L’explication clé est que ce n’est pas la durée du sommeil qui détermine l’activité, mais le déclencheur lié à l’heure d’endormissement.
Selon les résultats, s’endormir plus tôt agit comme un véritable accélérateur de l’activité physique. Le décalage chronique entre le rythme social et l’heure de coucher peut entraîner une fatigue qui limite l’envie ou la capacité de faire du sport.
Pourquoi cet effet se produit
Le premier levier est le temps disponible : se coucher tôt permet de se lever plus tôt et d’avoir des créneaux dédiés à l’exercice avant les obligations professionnelles ou familiales. Le second facteur est le déphasage avec le rythme social, source fréquente de fatigue chronique chez les couche-tard, ce qui peut réduire l’envie ou la capacité à pratiquer une activité physique.
Comment s’y prendre pour en tirer profit
Pas besoin d’atteindre exactement 21 h : avancer son heure de coucher, même légèrement, peut déjà faire une différence, à condition de conserver la durée de sommeil habituelle.
- Décalez progressivement votre heure de coucher par paliers de 10 à 15 minutes chaque semaine jusqu’à trouver un rythme stable.
- Maintenez votre durée de sommeil habituelle : l’objectif n’est pas de dormir moins mais d’optimiser le moment du coucher.
- Réservez un créneau dans la journée (matin ou fin d’après-midi) pour pratiquer une activité physique sans pression.
- Soyez attentif à vos signaux corporels : si vous vous sentez plus motivé après une nuit commencée plus tôt, c’est probablement votre corps qui vous remercie.