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    Pourquoi les accidents d’avion se multiplient en Iran

    # Pourquoi les accidents d’avion se multiplient en Iran

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    <h2>Téhéran – L’alerte aux accidents d’avion en Iran</h2>
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    Les rapports récents sur « un atterrissage difficile » d’un hélicoptère transportant le président iranien Ébrahim Raïssi ce dimanche ont relancé les questionnements sur la répétition des accidents aériens dans le pays, phénomène particulièrement observé ces dernières années.
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    Au cours de la dernière décennie, le secteur du transport aérien en Iran a connu plusieurs incidents. Ceux-ci incluent la sortie de piste de divers avions lors du décollage ou de l’atterrissage, l’incendie des moteurs en vol entraînant des crashs, ainsi que des collisions avec les sommets des monts Zagros. Les hélicoptères transportant des responsables iraniens sont également touchés, l’accident de l’hélicoptère présidentiel de ce dimanche étant le plus récent.
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    En février 2023, un hélicoptère transportant l’ancien ministre iranien des Sports et de la Jeunesse, Hamid Sajjadi, s’est écrasé lors d’un atterrissage à Baft, dans la province de Kerman, au sud du pays. Cet accident a causé des blessures au ministre et à plusieurs de ses accompagnateurs, ainsi que la mort de son assistant, Ismail Ahmadi.
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    <h2>Les sanctions américaines</h2>
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    La répétition des accidents aériens, associée à l’annulation de nombreuses vols domestiques, soulève des interrogations sur les raisons de ces incidents. Les rapports indiquent que la flotte aérienne iranienne vieillissante est en souffrance, occasionnant des pertes tant financières que morales à ce secteur, accentuées par les inquiétudes croissantes des passagers.
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    Les milieux iraniens s’accordent à dire que les sanctions américaines imposées sur le secteur du transport aérien sont la principale cause de ces répétitions. Toutefois, certains estiment que l’absence de contrôle et la détérioration de la flotte aérienne sont des facteurs tout aussi préoccupants.
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    Hooshang Shahbazi, pilote pour les lignes aériennes iraniennes, blâme les États-Unis pour leur réimposition des sanctions sur l’aviation après le retrait de l’administration de Donald Trump de l’accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales.
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    Dans une interview avec Al Jazeera, Shahbazi a expliqué que l’Iran avait auparavant signé des contrats pour l’achat de centaines d’avions modernes. Cependant, le retrait américain de l’accord nucléaire a entravé ces transactions, des sanctions empêchant les parties étrangères de vendre les pièces de rechange nécessaires à la réparation et à la remise à neuf des avions iraniens vieillissants.
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    Selon Shahbazi, les mauvaises conditions météorologiques en Iran contribuent également aux accidents, en plus de la vétusté de la flotte aérienne. Il appelle à un changement de politique étrangère et à la levée des sanctions pour prévenir de futurs incidents.
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    Actuellement, la flotte aérienne iranienne se compose de 250 avions de passagers, dont environ 200 sont hors service. L’âge moyen des avions restant est supérieur à 25 ans, alors que le pays a besoin de 600 avions opérationnels en raison de sa géographie et de sa population.
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    Shahbazi indique qu’il n’est guère viable de compter sur des réparations répétées des avions, car cela met en danger la vie des passagers, contribuant ainsi à la répétition des incidents aériens en Iran.
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    <h2>Des contrats annulés</h2>
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    Après la signature de l’accord nucléaire avec les puissances mondiales, le gouvernement iranien a conclu un contrat majeur avec Boeing pour l’achat de 80 avions afin de moderniser sa flotte aérienne. Ce contrat, le plus important en 40 ans, devait être exécuté sur une décennie. Cependant, Boeing s’est désisté à la suite de la réimposition des sanctions américaines par l’administration Trump.
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    L’Iran avait également signé un contrat pour l’achat de 100 avions civils auprès de l’Européen Airbus. Malgré la réception de trois appareils avant le retour des sanctions américaines, Airbus s’est rétracté comme d’autres constructeurs occidentaux, à l’instar de l’Italo-française ATR, suite à la réimposition des sanctions.
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    En parallèle, certains observateurs en Iran estiment que l’absence de surveillance officielle sur le secteur du transport aérien et les erreurs humaines sont également des facteurs majeurs contribuant à la hausse des incidents aériens.
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    En raison de la récurrence des accidents d’avion, les utilisateurs iraniens des réseaux sociaux publient périodiquement des extraits dévoilés par le pilote Amin Amir Sadeghi, qui avait, il y a quelques années, dénoncé les compagnies aériennes iranniennes pour exercer des pressions sur les pilotes afin qu’ils volent dans des conditions dangereuses.
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    Lors d’une émission télévisée en 2020 sur « Hala Khorshid », le pilote Sadeghi avait révélé qu’une des compagnies avait forcé ses pilotes à voler pendant trois semaines avec un Boeing 737 malgré un défaut technique dans le système de freinage. Il avait affirmé que la plupart des compagnies aériennes iraniennes ont du mal à obtenir des pièces de rechange en raison des sanctions américaines.
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    Sadeghi et un de ses collègues avaient été temporairement suspendus pendant six mois pour avoir refusé de voler dans des conditions non sécurisées. Ces déclarations avaient conduit à son arrestation temporaire, après que la compagnie aérienne pour laquelle il travaillait avait déposé une plainte contre lui.
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