Des universités américaines et canadiennes engagent des sociétés israéliennes pour la sécurité
Selon le quotidien Yediot Ahronot, des universités américaines et canadiennes ont fait appel à des entreprises de sécurité israéliennes ou liées à Israël, dans le but de gérer les manifestations étudiantes contre les atrocités commises par l’armée d’occupation à Gaza.
Expertise israélienne pour la répression
Le rapport rédigé par le correspondant du journal à New York, Daniel Adelson, souligne que la City University of New York (CUNY) s’est démarquée par ce changement, étant l’un des foyers des manifestations pro-palestiniennes, en particulier l’année dernière.
Dans une démarche controversée, l’université a signé un contrat avec une société de sécurité israélienne appelée « Securité Stratégique » pour un montant de 4 millions de dollars.
Ce rapport indique que cette entreprise a été fondée par Joseph Sordi, un ancien policier de New York et ancien élève du Mossad israélien. La société se décrit comme spécialisée dans la gestion des crises de sécurité dans les environnements académiques, offrant des formations professionnelles intensives en Israël.
Les responsables de la société comparent la situation sur le campus à « la vague croissante de manifestants pro-palestiniens ayant infiltré le campus avec l’aide de militants expérimentés utilisant des tactiques de guérilla pour inciter à la violence et au désordre ». L’entreprise affirme avoir la capacité de surveiller et d’identifier les menaces de sécurité en utilisant des plateformes d’intelligence avancées, garantissant ainsi un contrôle maximal des situations.
Le correspondant relève qu’en avril dernier, les affrontements entre les étudiants et les forces de sécurité ont entraîné des blessures chez plusieurs étudiants et l’arrestation de plus de 170 personnes, avec un usage généralisé de gaz poivré pour disperser les manifestants, provoquant l’indignation des étudiants qui estiment que cette méthode va à l’encontre des valeurs universitaires.
Situation au Canada
Au Canada, où la situation n’est guère différente, l’Université Concordia à Montréal figure parmi celles qui ont choisi de faire appel à des sociétés de sécurité israéliennes pour gérer les manifestations.
L’université a contracté avec deux entreprises de sécurité israéliennes ; la première étant « Perceptage International », dirigée par Adam Cohen, un ancien officier de la cour centrale de Jérusalem, et la seconde, « Moshav Security Consulting », gérée par Eyal Feldman, un ancien officier de l’armée israélienne.
Il convient de noter que certains étudiants à Montréal ont manifesté contre cette décision, affirmant que la collaboration avec des entreprises de sécurité directement liées à Israël exacerbe les tensions sur le campus et appelant à annuler ces contrats ainsi qu’à mettre fin à tout investissement israélien dans l’université.
Réactions et tensions à l’Université de Californie
À l’Université de Californie à Los Angeles, les manifestations se sont intensifiées, demandant la fin du soutien américain à Israël. Ces manifestations ont eu un impact significatif, poussant l’université à engager des entreprises de sécurité israéliennes, dont « Magan Am », qui emploie des éléments ayant des antécédents militaires israéliens. L’implication de ces sociétés a entraîné des affrontements violents entre étudiants et gardes de sécurité. L’université a reconnu sa collaboration avec la police locale et ces entreprises, allouant un million de dollars pour couvrir les coûts de sécurité sur le campus.
Conséquences et critiques
Ces interventions sécuritaires ont suscité un débat intense au sein des milieux étudiants et politiques. Les manifestants estiment que ces mesures aggravent les tensions politiques sur le campus et accroissent le sentiment d’isolement entre les étudiants et les institutions académiques. À l’Université Concordia, par exemple, les étudiants ont affirmé que la présence de sociétés de sécurité israéliennes intensifie le mécontentement et érode la confiance de la communauté académique envers l’université.
Dans ce contexte, certaines organisations étudiantes ont appelé à boycotter les entreprises de sécurité liées à Israël et ont exigé que les universités annulent immédiatement les contrats avec elles. Pour sa part, les universités défendent leurs positions en affirmant que leurs décisions visaient à garantir la sécurité du campus et qu’elles n’étaient pas liées à un soutien à un parti politique.
Cette tendance témoigne d’un développement nouveau dans les pratiques de sécurité dans les universités américaines et canadiennes, avec un recours croissant à des sociétés de sécurité israéliennes dotées d’une expertise en gestion de crises. Bien que ces entreprises promettent que leurs technologies de sécurité contribueront à réduire la violence, les critiques qu’elles reçoivent indiquent que leur utilisation exacerbe les tensions politiques au sein des universités.