Une exposition unique se tient à Montilla, mettant en lumière des manuscrits rares et précieux liés à Gonzalo Fernández de Córdoba, surnommé le Gran Capitán. Organisée à la Casa de las Aguas, cette manifestation culturelle présente un ensemble exceptionnel de documents historiques appartenant à l’une des figures les plus emblématiques de la région andalouse.

Une collection exceptionnelle de manuscrits au cœur de Montilla
Intitulée Livres et documents choisis du Gran Capitán, cette exposition se déroule du 24 avril au 4 mai à la Casa de las Aguas. Elle est organisée par la Fondation Biblioteca Manuel Ruiz Luque et met en avant un corpus de 136 pièces, retraçant les dernières années de la vie de Gonzalo Fernández de Córdoba (1453-1515), illustre natif de Montilla, ainsi que la période postérieure à son décès, incluant des documents concernant son épouse, María Manrique.
Acquis par la municipalité de Montilla en 2017, cet ensemble comprend des lettres, inventaires de biens, obligations, mémoriaux et procurations datés entre 1509 et 1542. Cette présentation marque le lancement du programme culturel conçu autour de l’ouverture de l’exposition permanente sur le Gran Capitán au sein du château local.
Pour valoriser ces documents, les visiteurs peuvent consulter à la fois les originaux et une sélection de reproductions accompagnées par la transcription réalisée par Alejandro Cerro García.
Correspondances et archives personnelles
Parmi les pièces les plus remarquables figurent trois lettres écrites par le Gran Capitán à Alonso de Medina, juré de Séville, datées de 1512 et 1514, où sa signature est clairement visible. Un document particulièrement intéressant est un mémorial traitant de l’argent en argent et or laissé en gage auprès d’Alonso de Medina, sur une dette contractée avec le marchand génois Jerónimo Salvago en 1514.
La correspondance de doña María Manrique occupe également une place importante. Une lettre adressée à Alonso de Medina en janvier 1516, dans laquelle elle exprime son chagrin suite à la perte de son époux, est exposée. On peut aussi admirer une cédula de passage libre concédée par le roi Charles Ier en 1520, autorisant le transport de bijoux de la duchesse de Terranova vers la reine du Portugal.

Une bibliothèque riche en ouvrages historiques du XVIe siècle
La Fondation Biblioteca Manuel Ruiz Luque conserve une vaste bibliographie sur Gonzalo Fernández de Córdoba, représentée ici par cinq ouvrages d’une grande valeur et rareté bibliographique. On trouve deux biographies, deux chroniques et un traité militaire, tous publiés au XVIe siècle.
Le célèbre humaniste Paolo Giovio est l’auteur de deux biographies : La vita di Consalvo Ferrando di Cordova detto il Gran Capitano, imprimée à Florence en 1552, et Libro de la vida y chronica de Gonçalo Hernandes de Cordoba, llamado por sobrenombre el Gran Capitan, publiée trois ans plus tard à Anvers.
Les deux chroniques exposées traitent des conquêtes du Royaume de Naples. La première, écrite par Hernando Pérez del Pulgar et imprimée à Saragosse en 1559, est intitulée Coronica llamada de Las dos conquistas del Reyno de Napoles. Elle est présentée aux côtés de la chronique imprimée à Alcalá de Henares en 1586 par Hernán Ramírez, intitulée Chronica del Gran Capitan Gonçalo Hernandez de Cordova y Aguilar.
Enfin, un traité militaire rédigé par Diego de Salazar et imprimé en 1590 à Bruxelles, Tratado de re militari hecho a manera de dialogo, met en scène une discussion entre Don Gonzalo Fernández de Córdoba et Don Pedro Manrique de Lara.
Valorisation et transmission du patrimoine historique
L’exposition « Livres et documents choisis du Gran Capitán » offre une opportunité unique de découvrir la figure essentielle de Gonzalo Fernández de Córdoba à travers des documents et ouvrages d’exception conservés par la Fondation Biblioteca Manuel Ruiz Luque.
Pour marquer l’ouverture de cette exposition, Alejandro Marco Cerro García, chercheur à l’Université de Cordoue et membre du Laboratoire d’Études Judeoconverses, donne une conférence intitulée « Les joyaux du Gran Capitán. Leur processus de numérisation et de transcription ». Ce travail met en lumière l’importance de la préservation numérique et la diffusion de ce patrimoine historique fondamental.