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    Avenir incertain pour la sport universitaire en France

    France

    Le centre sportif universitaire Olympos, qui accueille plus de 14 000 sportifs sur le campus universitaire d’Utrecht, connaît actuellement ses heures de pointe. Vers 19 heures, les parkings à vélos débordent et les terrains sont très fréquentés. Pourtant, si la nouvelle réglementation proposée par le ministre de l’Éducation Eppo Bruins est maintenue en 2026, Cees Verhoef, directeur d’Olympos, prévient que les lieux se videront rapidement.

    Une réglementation contestée aux lourdes conséquences financières

    Selon Cees Verhoef, le durcissement des règles d’éligibilité aux subventions d’État pour les universités et écoles supérieures est une « absurdité totale ». Depuis 2003, les institutions doivent respecter des critères stricts : ces subventions doivent être exclusivement utilisées pour l’enseignement et la recherche, sans perturber le marché des centres sportifs classiques ou des clubs sportifs. Cette politique a été précisée en 2021 par un nouveau cadre intitulé « Investir des fonds publics dans des activités privées ».

    Pour Olympos, cette réglementation signifie que la carte sportive obligatoire pour les étudiants, qui coûte actuellement 165 euros par an, pourrait voir son prix grimper de plusieurs centaines d’euros. À cela s’ajouteraient les cotisations des clubs affiliés pour les étudiants pratiquant un sport en club.

    La vie associative et sportive menacée

    Le jeudi soir, l’équipe féminine 6 de volley-ball du club Protos se détend après l’entraînement sur la terrasse extérieure du café sportif, souvent bondé après des cours de yoga, de boxe, des séances de fitness ou des entraînements collectifs. Le bar reste ouvert jusqu’à une heure du matin en semaine. Face à la hausse des tarifs des cartes sportives, l’équipe est toutefois décidée à continuer : « Arrêter n’est pas une option », affirme Bente Nederkoorn, 25 ans.

    Le groupe valorise la culture étudiante unique qu’offre le club, une expérience qu’aucune association « ordinaire » ne peut offrir.

    Jorunn Schaftenaar, 23 ans, étudiante en sciences de l’éducation à l’Université d’Utrecht, admet que passer à 700 euros pour la carte sportive serait un choc financier difficile à absorber. Cependant, elle ne compte pas partir : « J’y ai noué de nombreuses amitiés. C’est une partie indispensable de ma vie étudiante. »

    Au centre sportif étudiant ACLO de Groningue, qui rassemble plus de 20 000 sportifs, la culture étudiante est également jugée cruciale. Tessa de Nooijer, 21 ans, qui fait partie du bureau d’ACLO, souligne : « J’ai rencontré beaucoup d’amis via mon club de volley, cette cohésion sociale est essentielle pour le bien-être mental. Le sport est aussi une soupape pour les étudiants. »

    Étudiants sportifs au centre Olympos

    Photo : Mona van den Berg

    Sport étudiant : bien plus qu’une activité physique

    Luuk Minnaar, président de Studentensport Nederland, rappelle que la pratique sportive ne se limite pas à des bénéfices physiques, elle favorise aussi l’épanouissement personnel et l’engagement social. Selon lui, il serait regrettable que les nouveaux étudiants perdent la possibilité d’acquérir une expérience de gestion ou de participer à des commissions à cause de cette nouvelle réglementation.

    Le système sportif néerlandais est largement subventionné, précise Cees Verhoef : les centres sportifs classiques reçoivent des aides des municipalités, tandis que les universités ne bénéficient pas de ces subventions locales. Il s’interroge : « Pourquoi pénaliser des universités déjà épuisées, qui ne réclament pas de subventions municipales ? »

    Le directeur rejette l’argument du ministre Bruins sur la prétendue distorsion de marché, qu’il juge infondée. Il estime que ce sont les universités et écoles supérieures qui doivent décider comment utiliser l’aide publique dédiée au développement étudiant.

    Tessa de Nooijer confirme de son côté que la distorsion de marché ne s’applique pas à sa pratique : « Je joue au volley-ball étudiant et je paie autant que dans un club classique proche de chez moi. »

    Si le financement public venait à disparaître, les tarifs des centres sportifs universitaires exploseraient, prévient Verhoef, ce qui entraînerait un départ massif d’étudiants, jusque-là soutenus par une réserve financière, et finalement la fermeture des centres.

    Luuk Minnaar met en garde contre un transfert des coûts vers les municipalités, qui risquent de ne pas pouvoir compenser : « Les moyens des villes pour augmenter la capacité sportive sont limités, et les étudiants seraient contraints de rejoindre les clubs sportifs et centres classiques. »

    Mina Morkoç, conseillère municipale GroenLinks à Rotterdam, qualifie ces mesures de « myopes » et souligne qu’elles mettent les municipalités en difficulté. Elle a demandé au conseil municipal de Rotterdam, ainsi qu’à ceux des villes étudiantes comme Tilburg, Eindhoven, Nimègue, Groningue, Amsterdam, Wageningen et Utrecht, de se positionner contre ces coupes budgétaires. Selon elle, il est crucial d’adresser un signal fort à La Haye : « Ce n’est pas une solution durable. »

    Centre sportif étudiant en activité

    Photo : Mona van den Berg

    Une mobilisation croissante face à la menace

    Les universités néerlandaises ont récemment publié une déclaration soulignant : « Le sport étudiant est essentiel au bien-être et aux résultats académiques. Il est crucial que les universités puissent continuer à investir dans ce domaine. Cette réglementation en rend presque impossible la réalisation, ce qui nuit aux étudiants et contredit les ambitions affichées par le gouvernement. » Ces propos ont été relayés par Caspar van den Berg, président de l’association.

    Jeudi dernier, ACLO, la fédération étudiante LSVb et Studentensport Nederland ont lancé une pétition appelant la chambre basse à revoir la politique envisagée. Plus de 11 000 signatures ont été recueillies en à peine 24 heures. Luuk Minnaar espère obtenir une « exception » pour les 123 000 étudiants qui fréquentent les centres sportifs universitaires.

    Un appel au gouvernement et aux parlementaires

    L’avis récent de l’avocat de l’État auprès du ministre Bruins indique que la réglementation pourrait être interprétée pour exclure certaines activités privées, comme les infrastructures sportives, de son champ d’application.

    Luc Stultiens, député GroenLinks-PvdA, a déposé des questions parlementaires et prévoit de soumettre une motion contre le durcissement de la politique. Il trouve surprenant que ce système de soutien au sport étudiant, en place depuis des années sans problème, doive soudainement disparaître.

    Un soutien historique et une opposition résolue

    Stultiens rappelle que l’ancien Premier ministre Mark Rutte, alors secrétaire d’État à l’Éducation (2004-2006), reconnaissait l’importance du sport étudiant pour le bien-être. Selon lui, avec ces coupes budgétaires, « Bruins dépasse Rutte à droite ». Le député qualifie cette mesure, alors que la santé mentale des étudiants est déjà fragilisée, de « mauvaise décision ».

    Abdelkader Karbache, président de la LSVb, annonce que de nouvelles actions seront envisagées si la motion n’est pas adoptée : « Le gouvernement recevra alors un carton rouge symbolique. » Il évoque la possibilité de manifestations inédites, telles que des navigations dans le bassin de La Haye ou la mobilisation de milliers d’étudiants armés de vuvuzelas devant le ministère de l’Éducation pour se faire entendre.

    Portraits Matthijs van Teeffelen, Daan van de Graaf, Linda Ruijs et Hakan
    Manifestation étudiants et professeurs à l'Université de Leiden

    Sport Étudiant | Universités | Financement | Étudiants | France | Politique Jeunesse
    source:https://www.nrc.nl/nieuws/2025/05/13/studentensport-in-het-nauw-gedreven-door-strengere-regels-circa-123000-studenten-dreigen-hun-sportplekken-te-verliezen-a4893062

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