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    L’essor rapide de l’IA en Chine : enjeux et implications mondiales

    France

    La Chine, pays aux multiples facettes, est en train de faire un bond en avant dans l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), exploitant des siècles de tradition de contrôle et de quantification. Dans un entretien avec le sinologue Romain Graziani, nous examinons comment l’essor de l’IA en Chine façonne non seulement la gouvernance interne mais aussi les relations internationales.

    La tradition de domination par les chiffres

    Selon Graziani, la Chine est historiquement le premier pays à avoir utilisé des chiffres comme fondement de son pouvoir. Ce principe de gouvernance basé sur la quantification remonte à des siècles et trouve son application dans les processus politiques, économiques et juridiques contemporains. L’auteur souligne que cette « digitalisation » des processus a permis une maximisation des profits et une réduction des interventions subjectives, établissant ainsi une première forme de technocratie lors de la première dynastie chinoise en 221 av. J.-C.

    Un cadre légal favorable à l’IA

    Les politiques de Xi Jinping s’appuient sur des traditions anciennes tout en intégrant des éléments modernes de contrôle sociétal. Graziani souligne que la Chine, dépourvue d’une opposition structurée, offre à Xi un avantage distinct dans sa gouvernance. Ce dernier peut ainsi imposer des sacrifices à sa population tout en naviguant dans un contexte de tension avec les États-Unis, où des questions de transparence et de responsabilité se posent pour les dirigeants américains.

    Le contraste entre personnalisation et impersonnalité

    Graziani discute également du passage de la personnalisation du pouvoir, observable sous Mao, à une forme d’impersonnalité dans le régime actuel. Bien que Xi Jinping bénéficie d’un culte de la personnalité, il se distingue par une approche moins personnelle que celle de son prédécesseur. Cela soulève des questions sur la manière dont la population perçoit l’autorité et la surveillance à l’ère numérique.

    Enjeux de la surveillance et de la liberté

    Dans le contexte actuel, la Chine est en train de développer des technologies de surveillance sophistiquées, permettant une gestion efficace de l’État. Graziani fait le parallèle entre l’idéal antique de l’impersonnalité du pouvoir et l’utilisation moderne de l’IA. Les systèmes de surveillance déployés aujourd’hui, tels que les stations de police sans policier et les juges-robots, s’inscrivent dans cette continuité historique, visant à automatiser le contrôle social.

    Une société réceptive à l’IA

    Graziani affirme que la société chinoise est plus encline à accepter une gouvernance par l’IA, en raison de l’absence de réticences juridiques que l’on retrouve en Europe. Les citoyens semblent prêts à adopter cette forme de gouvernance, qui les rassure sur la stabilité et l’efficacité, plutôt que de se voir soumis à l’arbitraire d’un dirigeant. Cela pose des questions sur les implications éthiques et morales de cette évolution.

    Une réflexion pour l’Occident

    Enfin, Graziani met en garde contre les dangers d’une gouvernance basée uniquement sur des chiffres et des algorithmes. Il invite les sociétés occidentales à réfléchir sur leurs propres pratiques de quantification et à ne pas tomber dans le piège d’une gouvernance aveugle par la technologie. Les enseignements tirés de l’expérience chinoise pourraient servir de guide pour éviter les dérives autoritaires à travers l’IA.

    Intelligence Artificielle | Chine | Gouvernance | Surveillance | Xi Jinping | France

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