À minuit, la Bulgarie intègre la zone euro et rejoint les 21 États qui utilisent la monnaie unique. Cette entrée intervient au moment où le pays s’apprête à fêter le Nouvel An dans un contexte économique fragile. L’adoption de l’euro implique le remplacement progressif du lev par la nouvelle monnaie dans les échanges intérieurs et les transactions publiques.
Depuis son adhésion à l’Union européenne en 2007, les partisans de l’euro estiment que cette intégration peut dynamiser l’économie bulgare, renforcer ses liens avec l’Ouest et limiter l’influence russe. Le pays traverse toutefois des défis après des manifestations anticorruption qui ont renversé un gouvernement de coalition en place depuis moins d’un an, avec des élections législatives prévues les huitièmes en cinq ans.
Le Premier ministre démissionnaire, Rossen Jeliazkov, a affirmé ce mardi avoir le sentiment du travail accompli. Il a précisé que la Bulgarie termine l’année avec un PIB de 113 milliards d’euros et une croissance supérieure à 3 %, ce qui la place parmi les cinq premiers pays de l’UE. Il a aussi soutenu que les causes de l’inflation n’étaient pas liées à l’euro mais à la hausse du coût de la vie et à une économie plus transparente.
Le taux de conversion est fixé à 1 euro pour 1,95 leva. Selon l’Institut national de statistique, les prix des denrées alimentaires ont augmenté d’environ 5 % sur un an en novembre. Le Premier ministre a estimé que l’inflation n’était pas due à l’euro mais reflétait la hausse des coûts et les effets d’une économie en transition.
La transition se prépare dans l’angoisse des Bulgares cherchant des euros. Des files d’attente se sont formées devant la Banque nationale et les bureaux de change à Sofia, pour s’approvisionner en euros avant le basculement. Les banques avaient recommandé de se munir de liquidités et d’anticiper d’éventuelles perturbations des paiements par carte et des retraits nocturnes le soir du Nouvel An.
Selon le dernier Eurobaromètre, 49 % des Bulgares s’opposent à la monnaie unique. Dans ce contexte d’instabilité politique, tout problème lié à l’introduction de l’euro pourrait être exploité par les responsables politiques anti-UE, estime Boryana Dimitrova, de l’institut Alpha Research.
Avant la Bulgarie, la Croatie était le dernier pays à adopter l’euro en janvier 2023. Avec cette entrée, le nombre d’Européens utilisant l’euro dépasse les 350 millions.