En période de fortes chaleurs, les personnes souffrant d’hypertension artérielle doivent redoubler de prudence. Contrairement à une idée reçue, la canicule ne fait pas forcément monter la tension : elle peut au contraire la faire baisser, parfois de façon marquée, en raison de la vasodilatation et de la déshydratation. Pour les patients sous traitement antihypertenseur, cette baisse peut devenir problématique si elle n’est pas surveillée.
Hypertension artérielle : de quoi parle-t-on ?
L’hypertension artérielle, ou HTA, correspond à une élévation anormale et persistante de la pression du sang dans les artères. Chez une personne en bonne santé, cette pression reste globalement stable au cours de la journée et se situe dans des valeurs normales. On parle d’hypertension lorsque, mesurée au repos et de manière répétée, la pression artérielle dépasse 140 mmHg pour la systolique et/ou 90 mmHg pour la diastolique.
La pression systolique correspond au moment où le cœur se contracte pour éjecter le sang, tandis que la diastolique désigne le moment où il se relâche. Quand cette pression reste trop élevée, elle abîme progressivement les artères et fatigue le cœur. À long terme, l’hypertension augmente le risque d’infarctus, d’AVC, d’insuffisance rénale, de troubles de la vue et d’autres complications cardiovasculaires.
Quels symptômes peuvent alerter ?
L’hypertension est souvent qualifiée de maladie silencieuse, car elle évolue la plupart du temps sans symptôme visible. Dans la grande majorité des cas, elle passe longtemps inaperçue et peut même être négligée après le diagnostic, justement parce qu’elle n’est ni douloureuse ni gênante au quotidien.
Des signes peuvent toutefois apparaître lorsque la tension devient très élevée, en particulier au-delà de 18 de pression systolique. Lors d’un pic d’hypertension, certains patients peuvent ressentir des maux de tête, des bourdonnements d’oreille ou des vertiges. Ces manifestations doivent inciter à vérifier sa tension rapidement.
Canicule et tension artérielle : quel lien ?
La chaleur agit généralement en favorisant une baisse de la tension artérielle plutôt qu’une hausse. Pour évacuer la chaleur, les vaisseaux sanguins se dilatent afin de faciliter la circulation du sang vers la peau. Cette vasodilatation réduit la pression exercée sur les parois artérielles et peut donc faire diminuer la tension.
La déshydratation liée à la transpiration joue aussi un rôle important. Lorsque l’on perd beaucoup d’eau et de sels minéraux, le volume sanguin circulant diminue, ce qui peut entraîner une hypotension. C’est l’une des raisons pour lesquelles les malaises et les vertiges sont plus fréquents pendant un coup de chaud ou une canicule.
Cette baisse de tension peut être plutôt favorable chez certaines personnes légèrement hypertendues et non traitées, mais elle peut poser problème chez celles qui prennent déjà un traitement antihypertenseur. Dans ce cas, le risque principal est de subir une chute de tension trop importante.
Faut-il modifier son traitement antihypertenseur pendant l’été ?
Les personnes hypertendues sous traitement doivent rester particulièrement vigilantes pendant les épisodes de fortes chaleurs. Il ne faut pas arrêter ni réduire son traitement de façon systématique et préventive, même en cas de canicule. Toute adaptation doit idéalement être discutée avec un médecin.
En revanche, certains gestes de prudence sont essentiels pour limiter les risques de malaise ou d’hypotension. Le cardiologue Gérard Helft rappelle qu’il faut éviter les sorties aux heures les plus chaudes, renoncer aux activités sportives intenses, porter des vêtements amples, se protéger du soleil et se rafraîchir régulièrement. Il conseille aussi de surveiller sa tension dès que possible, avec un tensiomètre personnel ou en pharmacie.
Les médicaments concernés par une adaptation en cas de canicule
Tous les traitements antihypertenseurs ne sont pas concernés par une éventuelle diminution de dose en période de forte chaleur. Trois familles peuvent être ajustées dans certaines situations : les diurétiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, appelés IEC, et les sartans.
Si la canicule dure plusieurs jours et qu’une fatigue inhabituelle apparaît, il est recommandé de consulter le médecin prescripteur afin de réévaluer le traitement si nécessaire. En été, il peut être difficile d’obtenir rapidement un rendez-vous, mais une vigilance accrue reste indispensable lorsque la tension mesurée est basse et que l’état général se dégrade.
Selon le Pr Gérard Helft, en cas de fatigue intense, de perte de poids inexpliquée et si la tension mesurée est inférieure à 10, un patient peut prendre l’initiative de diminuer temporairement son traitement, mais uniquement pour les diurétiques, les IEC ou les sartans. La reprise des posologies habituelles doit se faire dès le retour à des températures normales.
Les bons gestes à adopter en période de forte chaleur
Pour mieux vivre une canicule avec une hypertension, quelques réflexes simples peuvent faire la différence au quotidien. Ils permettent de limiter la déshydratation, de prévenir les chutes de tension et de repérer plus vite une situation à risque.
- Ne pas sortir aux heures les plus chaudes.
- Éviter les efforts physiques intenses et le sport sous forte chaleur.
- Porter des vêtements amples et légers.
- Se protéger du soleil autant que possible.
- Se rafraîchir régulièrement avec un brumisateur ou un linge humidifié.
- Contrôler sa tension dès que possible.
- Consulter en cas de fatigue marquée, de malaise ou de tension trop basse.