Lorsque la saison de la grippe bat son plein, il n’est pas rare de se réveiller avec de la fièvre, un mal de gorge ou une fatigue soudaine. Dans ces moments-là, une question revient souvent : faut-il continuer le sport pour “faire circuler” son organisme, ou au contraire lever le pied pour laisser le corps récupérer ? Selon un infectiologue, l’exercice intense n’est pas la meilleure option lorsqu’un virus saisonnier affaiblit déjà l’organisme.
Pourquoi le sport peut freiner la guérison
L’idée de poursuivre une routine sportive peut sembler logique, puisque l’activité physique est connue pour renforcer le système immunitaire. Mais quand le corps combat une infection, la situation change. Le Dr Brian Labus, infectiologue interrogé par le magazine Parade, rappelle qu’un organisme déjà fragilisé par la maladie ne réagit pas comme en temps normal.
Il explique que lorsqu’on souffre d’une maladie respiratoire, respirer devient déjà plus difficile. Même une simple toux peut révéler une gêne pulmonaire, et ajouter un entraînement à cet état peut s’avérer très éprouvant. Résultat : au lieu d’aider, l’effort risque de compliquer la guérison.
Transpirer ne permet pas de guérir plus vite
Faire du sport lorsqu’on est malade entraîne aussi une perte de liquides par la transpiration. Or, c’est précisément l’inverse de ce dont l’organisme a besoin pendant une infection. Le corps doit pouvoir conserver son énergie et ses ressources pour combattre le virus, pas pour soutenir une séance d’entraînement.
Le message du spécialiste est clair : mieux vaut privilégier le repos et une bonne hydratation tant que les symptômes d’un virus saisonnier sont présents. L’idée de “suer la maladie” ne repose sur rien de solide dans ce contexte, et l’effort intense peut au contraire retarder le rétablissement.
Quand on est contagieux, l’entraînement peut aussi mettre les autres en danger
Continuer à faire du sport avec une infection des voies respiratoires supérieures, comme un rhume, une angine, la grippe ou le Covid-19, ne pose pas seulement un problème pour sa propre santé. Cela peut aussi exposer les autres à la contamination. Pendant l’exercice, on respire plus fort, ce qui augmente la quantité de particules virales libérées dans l’air.
Pour cette raison, l’infectiologue souligne qu’une séance de sport en intérieur, surtout en présence d’autres personnes, n’est pas idéale lorsque l’on est malade. Réduire les contacts devient alors une mesure de prudence importante, en particulier dans les salles de sport ou les espaces clos.
Que faire si l’on veut quand même bouger ?
Le Dr Brian Labus recommande de ne pas forcer et de réduire nettement l’intensité par rapport à l’entraînement habituel si l’on ressent malgré tout le besoin de bouger. L’objectif n’est pas de maintenir ses performances, mais d’éviter d’épuiser un organisme déjà en lutte contre l’infection.
Il conseille aussi de privilégier l’extérieur plutôt que la salle, afin de limiter les risques pour les autres. Une simple promenade autour du pâté de maisons ou une séance de yoga léger dans le jardin peuvent constituer des options plus adaptées qu’un effort soutenu.
Quand reprendre une activité sportive normale ?
Il n’existe pas de règle stricte valable pour tout le monde. L’infectiologue rappelle que chaque personne est différente, tout comme chaque maladie. Un jeune adulte en bonne santé peut récupérer plus vite qu’une personne plus âgée ou qu’un patient ayant des pathologies sous-jacentes.
L’essentiel est donc de reprendre progressivement sa routine sportive une fois que les symptômes diminuent. En attendant, repos, hydratation et prudence restent les meilleurs réflexes pour traverser la saison de la grippe sans aggraver son état ni contaminer son entourage.
