Tesla fait face à un sérieux scepticisme de la part de plusieurs régulateurs européens sur son système de conduite assistée Full Self-Driving (FSD). D’après des échanges consultés par Reuters, des autorités des Pays-Bas, de la Suède, de la Finlande, du Danemark et de la Norvège ont exprimé des inquiétudes sur la sécurité du logiciel, alors que la société espère obtenir une validation à l’échelle de l’Union européenne.
Le dossier est important pour Tesla, qui tente de regagner des parts de marché en Europe. L’approbation du FSD pourrait soutenir sa stratégie commerciale, mais les courriels examinés montrent que les régulateurs ne sont pas prêts à donner un feu vert sans réserves.
- Le régulateur néerlandais RDW a déjà approuvé la version supervisée du FSD.
- Plusieurs États membres s’inquiètent des excès de vitesse et du comportement sur routes verglacées.
- La prochaine étape clé est une réunion de comité attendue mardi.
Des régulateurs prudents face au FSD
Selon les documents cités par Reuters, certains responsables se disent frustrés par la manière dont Tesla pousse les propriétaires à faire pression sur les autorités pour accélérer le processus d’approbation. D’autres ont soulevé des questions plus concrètes, notamment sur la vitesse du système, son comportement en conditions hivernales et la capacité des conducteurs à contourner les garde-fous prévus pour limiter l’usage du téléphone au volant.
Cette prudence n’est pas anodine. Si le FSD est un argument commercial fort pour Tesla, il touche à la frontière entre innovation logicielle et sécurité routière. En Europe, cette frontière est examinée avec d’autant plus d’attention que l’issue pourrait servir de référence à d’autres pays du bloc.
Pourquoi Tesla a tant à gagner en Europe
Tesla cherche à relancer ses ventes sur le continent après deux années de recul. Le groupe mise en partie sur les fonctions de conduite assistée pour renforcer l’attrait de ses véhicules et justifier une offre par abonnement, mais l’approbation du FSD n’est pas acquise.
Le comité européen doit entendre les responsables néerlandais, qui défendent l’approbation déjà accordée par le RDW. Il n’y a pas de vote prévu cette semaine, et les prochaines réunions ne sont attendues qu’en juillet puis en octobre. En clair, le dossier peut avancer, mais il n’est pas près d’être bouclé.
Ce que cela change pour le marché
Au-delà de Tesla, cette séquence donne une mesure du niveau d’exigence réglementaire sur les technologies de conduite automatisée. L’entreprise de Elon Musk a souvent plaidé pour une adoption plus rapide, mais les autorités européennes semblent vouloir des preuves plus solides avant de généraliser la technologie.
Le résultat pourrait être déterminant pour l’image du groupe : un feu vert conforterait sa stratégie européenne, tandis qu’un report prolongé laisserait Tesla exposée à la concurrence des autres constructeurs et à l’incertitude autour de son pari logiciel.