Le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a annoncé avoir mené de nouvelles frappes aériennes contre des combattants affiliés à l’État islamique dans le nord-est du Nigeria, en coordination avec le gouvernement nigérian. Selon un communiqué publié lundi, ces frappes « cinétiques » supplémentaires ont eu lieu dimanche et n’ont fait aucune victime parmi les forces américaines ni parmi les forces nigérianes.
AFRICOM a affirmé que cette opération visait à réduire la capacité du groupe à préparer des attaques susceptibles de menacer la sécurité des États-Unis et de leurs partenaires. Le commandement américain a également réaffirmé son engagement à mobiliser des moyens spécialisés pour soutenir les alliés engagés dans la lutte contre les menaces sécuritaires communes.
Cette nouvelle série d’attaques intervient deux jours après l’annonce conjointe des présidents américain et nigérian concernant la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, présenté comme le numéro deux de l’ISIL. Le président nigérian Bola Tinubu a indiqué samedi qu’il avait été ciblé, avec plusieurs de ses lieutenants, lors d’une frappe contre son complexe dans le bassin du lac Tchad.
Donald Trump avait été le premier à annoncer cette opération dans un message publié sur les réseaux sociaux vendredi, sans préciser ni la date ni le lieu exacts de l’action militaire conjointe. Les autorités nigérianes ont ensuite confirmé l’élimination du chef djihadiste, considéré comme une figure centrale de l’organisation dans la région.
Avant de prêter allégeance à l’ISIL en 2015, Abu-Bilal al-Minuki était déjà un cadre important de Boko Haram, selon l’armée nigériane. Celle-ci affirme qu’il supervisait plusieurs opérations clés de la branche locale de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, connue sous le nom d’ISWAP, dans les zones du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Pour Dennis Amachree, ancien directeur des services de sécurité d’État nigérians, sa mort devrait provoquer un vide important dans la direction et le financement d’ISWAP. Il estime que plusieurs hauts responsables ont été touchés dans la même frappe, affaiblissant durablement la structure du groupe.
Ces opérations coordonnées s’inscrivent dans un contexte de renforcement de la coopération sécuritaire entre Washington et Abuja. Ces derniers mois, des dizaines de militaires américains ont été déployés au Nigeria pour appuyer la lutte contre les groupes armés, notamment par le partage de renseignements et l’assistance technique.
Le porte-parole du quartier général de la défense nigériane, Samaila Uba, a précisé que les soldats américains ne joueront pas de rôle direct dans les combats. Leur mission consiste plutôt à fournir une expertise technique, sous le commandement total des forces nigérianes.
À Noël dernier, les forces américaines avaient déjà mené des frappes contre des combattants affiliés à l’ISIL dans le nord-ouest du Nigeria. À l’époque, Donald Trump avait laissé entendre que cette opération pouvait rester isolée, tout en avertissant qu’une répétition était possible si les attaques contre les chrétiens se poursuivaient.
Le gouvernement nigérian a rejeté ces accusations de massacres de chrétiens dans le pays. Des analystes rappellent par ailleurs que les violences commises par les groupes armés touchent des victimes issues de toutes les confessions, et pas uniquement les communautés chrétiennes.
