La confiance des citoyens dans la démocratie en Espagne est mise à rude épreuve par des divisions politiques profondes et des comportements souvent polarisants au sein des institutions.
Un parallèle avec la sincérité du pape François
À la mort du pape François, une réponse qu’il avait donnée à Carlos Herrera a resurgi : lorsqu’on lui demanda comment il souhaitait être rappelé, il répondit avec humilité « comme ce que je suis, un pécheur qui essaie de faire le bien ». Si l’on posait la même question à nos hommes politiques, il serait rare qu’ils répondent avec une telle franchise.
Nombre d’entre eux risqueraient plutôt d’être mémorisés comme des acteurs politiques ayant privilégié leur carrière ou les intérêts partisans au détriment du bien commun. Ils auraient, selon cette vision, construit des barrières et semé la discorde sociale à des fins personnelles. Ces critiques concernent tant les membres ou soutiens du gouvernement espagnol que ceux impliqués dans les gouvernements locaux ou régionaux.
La perte de confiance dans la démocratie
Le constat est amer : la confiance dans la démocratie s’effrite. Chaque ministre tend à considérer l’opposition comme un ensemble de maux sans nuance positive. De son côté, l’opposition en Andalousie ne manque jamais une occasion de dénigrer le président Juanma Moreno, le qualifiant d’incompétent et de néfaste. Une comparaison peu flatteuse l’a même assimilé à « Trump, mais coiffé ».
Dans la sphère municipale à Córdoba, l’opposition paraît incapable de reconnaître une quelconque réussite du gouvernement local. Cette posture est d’autant plus frappante qu’elle s’accompagne d’une absence totale d’autocritique concernant leurs propres mandats dans la ville.
Un climat politique polarisé et ses conséquences
Cette hostilité mutuelle engendre une méfiance généralisée envers la politique et, par extension, envers la démocratie elle-même. Bien que cette tendance soit ancienne et présente dans toutes les sensibilités politiques, elle devient particulièrement alarmante chez les militants des nombreux partis qui soutiennent un gouvernement se revendiquant progressiste.
Ce climat exacerbe les tensions sociales et fragilise les fondements démocratiques en Espagne, menaçant ainsi la cohésion sociale et le dialogue nécessaire au bon fonctionnement des institutions.
Une invitation à l’humilité en politique
Dans ce contexte, une sagesse populaire reste pertinente : « Il faut toujours chercher à s’améliorer, mais jamais se croire le meilleur ». Cette maxime devrait guider davantage les responsables politiques afin de restaurer la confiance citoyenne et apaiser la polarisation extrême.