Plusieurs capitales et villes du Golfe ont été touchées, ce mardi à l’aube, par une nouvelle série d’incidents liés à la montée des tensions régionales. Des interceptions de missiles et de drones ont été signalées au Koweït, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, tandis que l’Irak a fait état de frappes contre plusieurs sites militaires et logistiques. À Bahreïn, les autorités ont parallèlement annoncé l’arrestation de trois suspects présentés comme membres d’une cellule liée au Hezbollah.
Koweït : interceptions et incendie à bord d’un pétrolier
Au Koweït, l’état-major général de l’armée a indiqué dans la nuit que les défenses aériennes avaient repoussé des attaques menées par des missiles et des drones hostiles. L’institution a précisé que les explosions entendues par des habitants correspondaient aux opérations d’interception effectuées par les systèmes de défense anti-aérienne.
L’état-major a appelé les citoyens et les résidents à respecter strictement les consignes de sécurité diffusées par les autorités compétentes. Dans le même temps, la Kuwait Petroleum Corporation a affirmé qu’un pétrolier koweïtien transportant du brut, alors qu’il se trouvait dans le port de Dubaï, avait été visé dans ce qu’elle a qualifié d’attaque iranienne.
Selon la compagnie, l’impact a provoqué des dégâts matériels sur la coque du navire ainsi qu’un incendie, avec un risque de fuite pétrolière dans les eaux environnantes. Aucun blessé n’a été signalé. Les autorités de Dubaï ont ensuite confirmé que les équipes de secours étaient parvenues à éteindre le feu.
Arabie saoudite : missiles interceptés et dégâts limités
En Arabie saoudite, le porte-parole du ministère de la Défense a annoncé l’interception et la destruction de plusieurs missiles balistiques tirés en direction du royaume. Selon lui, les défenses aériennes ont neutralisé sept missiles visant la région de Riyad, ainsi qu’un autre missile balistique en direction de la région orientale.
La Défense civile saoudienne avait auparavant activé l’alerte dans le gouvernorat d’Al-Kharj, par mesure de précaution. Les autorités ont ensuite confirmé que le danger était écarté et que la situation était revenue à la normale.
Plus tard, la Défense civile a indiqué que la chute d’éclats provoqués par l’interception d’un drone dans le même gouvernorat avait causé des dégâts limités dans six maisons, sans faire de blessés.
Émirats arabes unis : incidents à Dubaï et à Charjah
Aux Émirats arabes unis, les autorités de Dubaï ont fait état d’un incendie dans une maison abandonnée du quartier d’Al-Badaa, déclenché par la chute d’un fragment issu d’une opération d’interception menée par les défenses aériennes. Quatre personnes légèrement blessées, présentes à proximité du foyer de l’incendie, ont été signalées.
À Charjah, le bureau d’information du gouvernement a indiqué que les services compétents avaient traité, lundi soir, un incident lié à la frappe d’un drone iranien contre le bâtiment administratif de la société Thuraya Communications, dans la région centrale de l’émirat. Aucune victime n’a été recensée.
Les autorités locales ont invité le public à ne pas relayer de rumeurs et à s’en tenir aux informations officielles, promettant de communiquer de nouvelles précisions dès qu’elles seraient disponibles.
Bahreïn : arrestation de trois suspects
À Manama, le ministère de l’Intérieur a annoncé lundi l’arrestation de trois personnes soupçonnées d’avoir formé une cellule qualifiée d’« organisation terroriste » et liée au Hezbollah libanais. Selon les autorités, les suspects auraient coordonné leurs activités avec des éléments basés à l’étranger et cherché à se livrer à des actes portant atteinte à la souveraineté du pays.
Les investigations ont également établi, d’après le ministère, que les personnes arrêtées avaient reçu un entraînement à l’usage des armes lors d’un voyage au Liban, après avoir rencontré des membres du Hezbollah. Elles auraient aussi transmis des images et des informations sur les conséquences de ce que Bahreïn décrit comme une « agression iranienne ».
Les autorités affirment en outre que les suspects ont collecté de l’argent sous couvert d’activités caritatives avant de le transférer pour soutenir les opérations du Hezbollah. Ils ont été renvoyés devant le parquet, tandis que la procédure judiciaire suit son cours.
Irak : multiplication des frappes contre des sites militaires
En Irak, la résistance islamique a affirmé avoir mené 19 opérations à l’aide de dizaines de drones, ciblant en 24 heures des « bases ennemies » dans le pays et dans la région. Une source policière irakienne a par ailleurs indiqué à Al Jazeera que des attaques successives avaient visé le camp de soutien logistique américain situé à proximité de l’aéroport de بغداد.
De son côté, le Hachd al-Chaabi a annoncé que plusieurs de ses positions dans différentes provinces avaient été frappées par des attaques aériennes. L’organisation a évoqué des frappes survenues dans les régions de Babel et d’Al-Anbar, sans faire état de pertes.
Dans une déclaration ultérieure, le Hachd al-Chaabi a dit que ses sites dans la province de Ninive, dans le nord du pays, avaient subi avant l’aube dimanche trois frappes aériennes, qualifiées d’« agression sioniste américaine », alors qu’ils remplissaient des missions officielles. L’organisation a précisé que la première frappe avait visé le quartier général de la 14e brigade, tandis que les deux autres avaient touché un des détachements relevant de la même unité.
La veille, le Hachd al-Chaabi avait déjà annoncé la mort de trois de ses membres et la blessure de quatre autres à la suite d’un bombardement aérien contre un centre de commandement à Kirkouk, dans le nord de l’Irak. Ces développements s’inscrivent dans un climat d’escalade accélérée dans la région.
Un bilan régional en forte hausse
Selon un relevé fondé sur des données officielles, l’Iran a visé sept pays arabes, majoritairement du Golfe, avec au moins 5 558 missiles et drones, ainsi qu’une attaque impliquant deux avions de combat, au cours de 31 jours de riposte aux opérations militaires américaines et israéliennes. Ces frappes ont également été dirigées, selon Téhéran, contre des intérêts américains dans la région.
Cette succession d’attaques a provoqué des morts et des blessés dans plusieurs pays, en plus de dégâts sur des installations civiles. Les États touchés ont condamné ces violences et appelé à une désescalade rapide, alors que la situation sécuritaire reste extrêmement tendue dans tout le Moyen-Orient.