Deux bébés morts en France après avoir consommé des laits infantiles rappelés pour une possible contamination. Le lien de causalité n’est pas établi à ce stade, mais les cas font l’objet d’enquêtes à Bordeaux et Angers. Nestlé a procédé à un vaste rappel des marques Guigoz et Nidal; des analyses complémentaires sont en cours et les autorités demandent aux parents de vérifier leurs stocks et de consulter le pédiatre en cas de doute. Des rappels et des mesures de surveillance ont été déclenchés dans plusieurs pays.
Deux décès en France et ouverture d’enquêtes
À Bordeaux, le 8 janvier, un bébé âgé de 14 jours est décédé à l’hôpital Haut Lévêque de Pessac après avoir été nourri avec un lait Guigoz rappelé par Nestlé. Le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, précise: « Une fois sorti de la maternité », il a été alimenté « entre le 5 et le 7 janvier avec un lait artificiel de marque Guigoz ». Les premiers résultats d’analyse ont établi l’absence de contamination par la bactérie Bacillus Cereus, mais « des analyses complémentaires » ont été demandées, selon le parquet. À Angers, une fillette de 27 jours est décédée le 23 décembre; la maman a indiqué avoir donné du lait Guigoz et le parquet d’Angers a saisi « en urgence » un laboratoire pour des analyses; la piste céréulide est « une piste sérieuse », mais il est « beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale », a déclaré le procureur de la République Éric Brouillard.

Rappels et cadre sanitaire
Des laits Guigoz et Nidal ont été rappelés par le groupe Nestlé, et Lactalis a également lancé des rappels dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l’Australie et le Mexique; le cadre porte sur la présence potentielle de la toxine céréulide. Les autorités sanitaires indiquent que « Des boîtes étaient susceptibles de contenir de la céréulide » et que la céréulide peut provoquer d’importants diarrhées et vomissements. Le ministère rappelle que « il n’existe aucun centre national de référence : aucun laboratoire accrédité capable de détecter cette toxine dans les selles d’enfants malades ou décédés. Contacté par la cellule Investigation, le ministère de la Santé confirme qu’à ce jour, il n’est pas possible de détecter directement la toxine céréulide dans les prélèvements biologiques » et souligne que les ministères de l’Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi, dans un communiqué, une alerte sanitaire « d’ampleur, qui reste évolutive », assurant déployer une « surveillance continue » du dossier. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a indiqué sur BFMTV que « les laits concernés ont été retirés » des pharmacies et des grandes surfaces. Elle conseille néanmoins aux parents de vérifier qu’ils ne possèdent pas en stock une des marques retirées des rayons.

Éléments à retenir et perspective des autorités
Une enquête pénale a été ouverte à Bordeaux sur la mort début janvier d’un nourrisson ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de « possible contamination » par une bactérie, selon le parquet, sans « lien de causalité » établi pour l’heure. Invité de BFMTV ce vendredi 23 janvier, la ministre de la Santé Stéphanie Rist assure que « tous les lots concernés » par des rappels et des suspicions de contamination à la bactérie Bacillus Cereus « ont été retirés du marché ». Nestlé, géant suisse, a engagé ces dernières semaines un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal et Lactalis a annoncé un vaste rappel dans plusieurs pays, notant que le retrait est lié « à une matière première fournie par un même producteur en Chine ». Le rappel concerne désormais une soixantaine de pays parmi lesquels la France.