Espaces «no-kids» et protection de l’enfance dominent l’actualité en France, avec un appel au sursaut politique du Défenseur des enfants et des autorités. Dans plusieurs entretiens, Eric Delemar et Claire Hédon dénoncent le coût humain, psychologique et économique du manque de considération des mineurs et de la montée des espaces « sans enfants ». Ces propos s’appuient sur des chiffres et des témoignages, et alimentent le débat sur les droits des enfants et leur protection.
Espaces no-kid et réaction du Défenseur des enfants
La polémique autour de la notion d’espaces « no kid » a émergé après les réactions à la SNCF et à sa classe affaires Optimum « sans enfants ». Sans s’exprimer sur le cas précis, le Défenseur des enfants a jugé la tendance « scandaleuse ». « Qui oserait dire aujourd’hui qu’il faut interdire tel espace de transport, tel espace public, à telle catégorie d’adultes ? », s’est-il interrogé.
En matière de protection de l’enfance, « on est régulièrement rappelé à l’ordre : on ne protège pas les enfants suffisamment vite, et quand ils vont parler on ne les écoute pas », déplore Eric Delemar, faisant état d’« à peine 2 % des enfants victimes de violences sexuelles qui verront leur agresseur condamné ». L’absence de considération des enfants a, selon lui, un « coût humain, psychologique, et économique ». « On sait que les enfants impriment les difficultés, les maltraitances et que cela va avoir des conséquences sur leurs apprentissages et leur bien‑être », ajoute-t-il, appelant à un « sursaut politique » face à des « droits des enfants régulièrement bafoués ».

Impact et enjeux pour les droits des enfants
Les intervenants évoquent un coût humain, psychologique et économique lié à l’absence de protection et de prévention. Autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits, le Défenseur des enfants reçoit en moyenne chaque année plus de 4 000 saisines, notamment sur des atteintes aux droits à l’école, « des enfants en danger non repérés » et « des décisions non mises en œuvre ».
Depuis la loi sur les violences intrafamiliales de 2024, les enfants ne sont plus considérés comme témoins des violences mais comme des covictimes, et cela constitue une circonstance aggravante pour l’agresseur. La Cour de cassation a également rappelé qu’il n’est pas acceptable d’élever les enfants en les frappant ou en les humiliant. Ces avancées coexistent avec un constat de « gap » entre le droit et la réalité des droits des enfants, et avec un coût qui s’étend à la société dans son ensemble.
« On sait que les enfants impriment les maltraitances et que cela va avoir des conséquences sur leurs apprentissages et leur bien‑être », rappelle-t-on, et les propos convergent sur la nécessité d’un sursaut politique pour garantir des droits plus robustes, plus durables et mieux mis en œuvre.
Un appel à un sursaut politique et à une meilleure protection
Face à ces constats, les intervenants appellent à une action transpartisane et durable. « Des politiques publiques qui sont court-termistes, on ne s’adresse pas aux générations précédentes, aux générations suivantes, on s’adresse aux élections prochaines », déclare Eric Delemar, résumant l’urgence d’un vrai sursaut politique pour faire évoluer les droits des enfants au‑delà des échéances électorales.