La justice française a décidé de renvoyer Rima Hassan devant le tribunal pour des faits présumés d’apologie du terrorisme en ligne. L’eurodéputée franco-palestinienne doit comparaître le 7 juillet prochain, selon le parquet de Paris, après avoir été brièvement placée en garde à vue puis remise en liberté.
L’affaire est née d’une publication diffusée sur le réseau social X, anciennement Twitter, dans laquelle Rima Hassan évoquait Kôzô Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque contre l’aéroport de Tel-Aviv en 1972. Ce message, finalement supprimé par la suite, a retenu l’attention des enquêteurs et ouvert la voie à des poursuites judiciaires.
À sa sortie des locaux de police, l’élue s’est dite face aux journalistes traitée avec courtoisie. Elle a décrit des policiers « très polis et très professionnels » et a indiqué vouloir tenir une conférence de presse vendredi afin de revenir plus précisément sur les circonstances de son interpellation.
Le parquet a par ailleurs confirmé qu’une fouille de ses effets personnels avait permis de découvrir des produits présentés comme du CBD, ainsi qu’une substance identifiée comme du 3-MMC, une drogue de synthèse. L’eurodéputée a été entendue à ce sujet, mais ces éléments feront l’objet d’une procédure distincte, sans lien avec le dossier portant sur l’apologie du terrorisme.
De son côté, Rima Hassan a contesté fermement ces révélations sur X, les qualifiant de « totalement fausses » et fondées, selon elle, sur des fuites illégales. Elle affirme avoir été la cible d’accusations mensongères et soutient que la seule substance trouvée en sa possession était du CBD, autorisé à la détention.
Cette affaire a provoqué de vives réactions dans son entourage et parmi ses alliés politiques. Ses soutiens dénoncent ce qu’ils considèrent comme une nouvelle étape dans des « pressions judiciaires » visant, selon eux, à faire taire les voix défendant les droits du peuple palestinien.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué la procédure, parlant d’une décision relevant selon lui d’une « police politique ». Dans le même registre, Manon Aubry, collègue de Rima Hassan au sein du parti et au Parlement européen, a dénoncé la poursuite de ce qu’elle décrit comme un harcèlement judiciaire.
Âgée de 33 ans, Rima Hassan s’est imposée comme l’une des figures les plus visibles du soutien à la cause الفلسطينية en France. Elle a notamment gagné en notoriété à travers son engagement dans les initiatives de la Flottille de la liberté, destinées à contester le blocus imposé à Gaza.
Ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve confrontée à la justice. Depuis la fin de l’année 2023, elle fait déjà l’objet d’une autre enquête pour apologie du terrorisme, dans le sillage de propos qui lui ont été attribués et interprétés comme un soutien au Hamas après l’attaque du 7 octobre 2023.