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    Impact de la plan Trump sur la guerre à Gaza et l’intérieur israélien

    Israël, États-Unis, Palestine

    Le débat sur la conduite de la guerre contre la bande de Gaza reste vif au sein de la classe politique de Tel‑Aviv et dans l’ensemble de la société israélienne. La majorité considère que la guerre annoncée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu se mène « sur sept fronts » encore actifs, et ce malgré l’accord de cessez‑le‑feu conclu avec le Hezbollah libanais et le lancement de la première phase du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza.

    Étude du Centre al‑Mostaqbal

    Le parti au pouvoir et le Premier ministre ont centré leur attention sur Gaza plus que sur d’autres fronts, fait remarquer une étude publiée par le Centre al‑Mostaqbal pour les recherches.

    L’étude, intitulée « Comment le plan Trump concernant la guerre à Gaza influence‑t‑il l’intérieur israélien ? », a été rédigée par le chercheur Saïd Okacha et examine en détail les répercussions du plan sur l’opinion publique israélienne et sur la cohésion de la coalition dirigée par Netanyahu.

    Plusieurs points saillants de l’étude portent sur les sondages d’opinion, la stabilité gouvernementale et les divisions internes qui traversent la société israélienne.

    Opinion publique israélienne

    L’étude note que les sondages reflètent une oscillation nette entre dureté et flexibilité au sein de la société israélienne sur les questions liées à la guerre, y compris le plan Trump.

    Ce mouvement d’hésitation se manifeste principalement par les éléments suivants :

    • Fin de la guerre pour la libération des otages :

      Avant la présentation du plan Trump, un sondage de l’« Institut israélien pour la démocratie » réalisé à la mi‑septembre 2025 indiquait que 60 % des Juifs israéliens étaient favorables à l’arrêt des hostilités en échange du retour des otages.

      Après l’annonce du plan, un sondage publié par le quotidien Ma’ariv le 3 octobre montrait un soutien accru, avec 66 % d’opinions favorables au plan.

    • Conséquences possibles d’élections anticipées :

      Plusieurs enquêtes en septembre, avant la présentation du plan Trump, indiquaient que le parti Likoud obtiendrait entre 22 et 25 sièges sur les 120 de la Knesset.

      Le principal rival, le parti dirigé par Naftali Bennett, était estimé entre 15 et 24 sièges. Dans tous les cas, le Likoud et ses alliés ne disposeraient pas automatiquement des 61 voix requises pour former une majorité.

    • Popularité pour la fonction de chef du gouvernement :

      La popularité de Netanyahu a fortement fluctué durant les deux années de guerre, oscillant entre 30 et 35 % jusqu’en août, avant la présentation du plan Trump.

      Après l’annonce du plan et le retour d’une partie des otages, un sondage du site JNS du 15 octobre attribuait à Netanyahu 58 % d’appuis parmi les participants, contre 22 % pour Bennett.

      L’étude met cependant en garde : les sondages sont sensibles aux événements et aux méthodologies, et leurs résultats peuvent varier largement selon l’institut et le moment où ils sont réalisés.

    Problèmes au sein de la coalition

    L’étude examine aussi les dissensions internes qui fragilisent la coalition au pouvoir, alliant conflits politiques et divisions confessionnelles ayant creusé un fossé dans l’opinion publique.

    Les tensions trouvent leur origine avant la guerre à Gaza, notamment autour de la question de l’incorporation militaire des jeunes de la communauté haredi, représentée par les partis « Shas » et « Yahadout Hatora » au sein de la Knesset et de la coalition.

    En juillet, « Yahadout Hatora » a annoncé son retrait de la coalition et a refusé de soutenir le gouvernement lors d’un éventuel vote de confiance, tandis que « Shas » a simplement retiré ses ministres tout en promettant de continuer à appuyer le gouvernement au sein de la Knesset.

    Racines juridiques et religieuses du conflit

    La crise puise sa source dans une décision de la Cour suprême rendue en juin 2023, qui a interdit au ministre de la Défense d’exempter les Haredim du service militaire sans un cadre législatif nouveau garantissant l’égalité de tous devant l’obligation de défendre le pays.

    La Cour a fixé un délai d’un an pour que le gouvernement adopte une loi assurant cette égalité ; à défaut, les absences au service seraient considérées comme de la désertion.

    De son côté, l’armée israélienne affirmé que certains rabbins haredim incitent leurs jeunes à ne pas répondre aux convocations militaires, tandis que les rabbins dénoncent une politique gouvernementale qu’ils jugent attentatoire aux étudiants de la Torah et appellent à la chute de l’exécutif.

    L’étude note que les partis haredim pourraient soutenir le plan Trump car il éliminerait l’argument gouvernemental et public en faveur d’un élargissement du recrutement, l’armée affirmant avoir besoin de soldats supplémentaires tant que la guerre à Gaza se poursuit.

    Divergences au sein de la droite religieuse

    Parallèlement, les partis de la droite religieuse sioniste qui ont voté contre le plan Trump souhaitent la reprise des hostilités jusqu’à la réalisation de leurs objectifs, notamment l’élimination du mouvement de résistance islamique Hamas.

    Certaines voix y voient aussi la possibilité, à terme, de procédures qui aboutiraient au déplacement de populations palestiniennes de Gaza, selon leur lecture politique.

    Trois scénarios pour Netanyahu

    Face à ces divisions, l’étude conclut que Netanyahu rencontre de grandes difficultés pour maintenir l’unité de la coalition qui le soutient. Trois issues principales se dégagent :

    1. Le gouvernement pourrait être soumis à un vote de confiance à la Knesset après le retour de Netanyahu de ses vacances d’été le 20 octobre.

    2. Il existe une incertitude sur l’étape suivante pour appliquer le plan Trump après la libération des otages. Les familles réclament de ne pas négocier les phases ultérieures — démilitarisation de Gaza, formation d’un conseil de transition, reconstruction — avant le retour des corps des otages restants.

    3. La loi de finances annuelle doit être adoptée en mars prochain. En cas d’échec, cela pourrait entraîner la dissolution de la Knesset et la tenue d’élections anticipées.

    L’étude avertit que, tant que les phases du plan Trump ne seront pas pleinement réalisées et si le Hamas refuse de se conformer notamment à la clause de démilitarisation, le plan restera exposé à l’échec.

    Un tel échec pourrait conduire à une reprise des hostilités, offrant paradoxalement à la coalition dirigée par Netanyahu la possibilité de pacifier les tensions internes jusqu’aux élections générales prévues légalement en octobre 2026.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/10/26/%d9%83%d9%8a%d9%81-%d8%aa%d8%a4%d8%ab%d8%b1-%d8%ae%d8%b7%d8%a9-%d8%aa%d8%b1%d8%a7%d9%85%d8%a8-%d8%a8%d8%b4%d8%a3%d9%86-%d8%ad%d8%b1%d8%a8-%d8%ba%d8%b2%d8%a9-%d9%81%d9%8a

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