Israël a mené depuis l’aube de jeudi une vaste série de frappes aériennes et d’artillerie sur 44 villes, localités et zones du sud du Liban, faisant 10 morts et 9 blessés, selon les dernières données du ministère libanais de la Santé et de l’Agence nationale d’information. Dans le même temps, le Hezbollah a affirmé avoir lancé des dizaines d’attaques contre des objectifs israéliens en riposte à l’intensification des bombardements.
La presse libanaise a rapporté que plusieurs secteurs du Sud avaient été touchés par des tirs israéliens de nature diverse, visant notamment Bint Jbeil, les abords de la forteresse de Doueir, la vallée du Sélouki, la zone située entre Hanine et Aïn Ebel, ainsi que les localités de Mansouri, Khiam, Chaqra, Braachit, Safad el-Battikh et Aïta el-Jabal.
Selon le ministère de la Santé, quatre personnes ont été tuées et trois autres blessées dans une frappe sur Ramadiyah. L’Agence nationale d’information a, de son côté, indiqué que trois personnes avaient péri dans une attaque contre Kfar Sir. Elle a également rapporté la mort de Bilal Jawad, membre du conseil municipal de Zboudine, ainsi que de son frère et de leur mère, dans une frappe qui a touché leur maison dans cette localité.
Un autre raid israélien a détruit un complexe résidentiel à Kfarah, faisant six blessés, dont trois dans un état critique, toujours selon les mêmes sources. L’ampleur des destructions et la dispersion des sites visés témoignent d’une pression militaire croissante dans plusieurs zones du sud du pays.
Ces bombardements s’inscrivent dans la guerre menée par Israël contre le Liban, mais aussi dans le contexte plus large des répercussions du conflit que mènent Israël et les États-Unis contre l’Iran depuis le 28 février. Cette campagne a déjà fait des milliers de morts et de blessés et s’est accompagnée d’assassinats visant des figures de premier plan, dont le guide suprême Ali Khamenei.
Israël occupe par ailleurs des secteurs du sud du Liban, certains depuis plusieurs décennies et d’autres depuis la guerre la plus récente, entre octobre 2023 et novembre 2024.
Le Hezbollah annonce 60 attaques en une journée
De son côté, le Hezbollah a indiqué avoir mené jeudi 60 attaques contre des colonies, des forces, des véhicules, des positions et des bases militaires israéliennes. Le mouvement chiite affirme ainsi porter à 1 250 le total de ses opérations depuis le 2 mars, en réponse aux bombardements israéliens continus.
Dans une série de communiqués, le Hezbollah a dit avoir visé six localités du nord d’Israël : Kiryat Shmona, à trois reprises, Metula, à deux reprises, ainsi qu’Iven Menachem, Beit Hillel, Avivim et Nahariya. Le mouvement a également affirmé avoir ciblé 40 rassemblements de soldats et de véhicules israéliens des deux côtés de la frontière.
- 25 rassemblements dans des localités comme Chama, Rachaf, Beit Lif, Al-Qantara, Aïnata, Al-Qouzah, Taïbé et près de la porte de Fatima ;
- 15 autres rassemblements dans le nord d’Israël, notamment à Malkiya, Metula, Yaroun, Avivim, ainsi que sur les sites militaires de Kfar Guiladi et Al-Marj.
Le mouvement affirme aussi avoir tiré un missile sol-air contre un hélicoptère israélien dans la zone frontalière de Ramiyah, dans le sud du Liban, le forçant à se replier. Il dit également avoir visé deux chars Merkava dans la zone située à l’est de la prison de Khiam et sur la colline d’Al-Sal’a, dans la localité d’Al-Qantara, en revendiquant des « impacts directs ».
Le Hezbollah a en outre annoncé avoir touché un bulldozer D9 d’un tir direct dans la zone du Triangle de la Libération, au sud du Liban. Dans une autre série d’opérations, il a dit avoir frappé sept positions militaires dans le nord d’Israël, dont des infrastructures à Kiryat Ata, à l’est de Haïfa, dans le secteur des Krayot au nord de la ville, ainsi qu’à Karmiel.
Le mouvement a également mentionné des batteries d’artillerie à Khirbet Maaz, les bases d’Amiad et de Filon, et le quartier général « Dado », siège du commandement de la région nord de l’armée israélienne, près de Safed. Il précise que ces attaques ont été menées « en دفاع de le Liban et de son peuple ».
Des blessés des deux côtés et une stricte censure militaire
Depuis l’aube de jeudi, six personnes, dont deux militaires, ont été blessées par des tirs de missiles visant le nord d’Israël et par des affrontements armés menés par le Hezbollah dans le sud du Liban, selon plusieurs médias israéliens, dont la chaîne 12 et le journal Yediot Aharonot.
Les autorités israéliennes imposent un strict black-out sur les résultats des attaques du Hezbollah, avec une surveillance renforcée des médias et des avertissements contre la publication d’images ou d’informations concernant les pertes ou les sites visés.
Selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé, les bombardements israéliens élargis sur le Liban depuis le 2 mars ont fait 1 345 morts et 4 040 blessés. La tension reste particulièrement vive dans le sud du pays, où les frappes et les ripostes se succèdent à un rythme soutenu.