La Chine fait face à une vague de violences qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité publique et aux libertés individuelles. Après une série d’attaques meurtrières, le président Xi Jinping a ordonné aux gouvernements locaux de prévenir de futurs « cas extrêmes ».
Une réponse à la montée de la violence
Les récentes attaques, incluant des chauffards fauchant des piétons ou des agresseurs armés de couteaux, ne sont pas nouvelles en Chine, mais leur recrudescence a attiré l’attention du gouvernement. Les responsables locaux ont promis d’examiner toutes sortes de disputes personnelles susceptibles de déclencher de telles agressions, qu’il s’agisse de problèmes conjugaux ou de désaccords liés à des héritages.
Des attaques qualifiées de ‘Revenge on Society’
Ces événements sont souvent désignés en Chine par le terme ‘crimes de vengeance contre la société’. En novembre dernier, trois attaques ont eu lieu : un homme a blessé 30 personnes dans une école primaire de la province du Hunan après des pertes d’investissement, un étudiant a tué huit personnes dans une école professionnelle à Yixing, et un autre homme a fauché 35 personnes à Zhuhai, apparemment en raison de son divorce.
Pression sociale et sentiment d’injustice
Les experts s’accordent à dire qu’il existe une pression croissante au sein de la société chinoise. Wu Qiang, ancien professeur de science politique, souligne que malgré les facteurs individuels, un lien commun émerge : un sentiment d’injustice généralisé. La société est perçue comme profondément injuste, ce qui entraîne des frustrations intenses.
Un contrôle accru sur les libertés individuelles
Depuis 2015, la police chinoise a intensifié la répression contre les avocats spécialisés dans les droits de l’homme et les ONG, emprisonnant de nombreux militants. Ce climat a contribué à l’érosion de la société civile qui était plus active dans les années 2000 jusqu’au début des années 2010. Wu Qiang lui-même a été licencié de l’Université Tsinghua après avoir participé à des recherches lors des manifestations d’Occupy à Hong Kong en 2014.
La censure et la dissimulation des faits
Il y a dix ans, les médias pouvaient rapporter librement les incidents en cours, mais aujourd’hui, cette liberté est largement restreinte. Avant même la publication du bilan des victimes à Zhuhai, les censeurs d’État ont rapidement supprimé les vidéos et témoignages en ligne. Les données sur la violence en Chine sont difficiles à obtenir, ce qui complique l’analyse des tendances des meurtres de masse.
Des mesures préventives controversées
Suite à l’attaque de Zhuhai, Xi Jinping a demandé aux gouvernements locaux de renforcer la prévention des risques à la source. Les autorités se sont engagées à résoudre les conflits familiaux et de voisinage rapidement. Cependant, de nombreux observateurs craignent que cela ne conduise à un cycle vicieux de répression sociale.
Une politique de contrôle renforcée
Lynette Ong, professeur à l’Université de Toronto, a noté que des mesures strictes rappelant celles appliquées pendant la pandémie de COVID-19 pourraient être réintroduites. Les comités de quartier avaient établi des barrières et surveillaient les entrées des bâtiments, ce qui avait provoqué des manifestations massives. Ong prévient que des mesures non sensées pourraient susciter résistance et colère, alimentant ainsi un cycle de répression.