La dévalorisation de l’enseignement au Québec se manifeste dès les premières étapes de la formation, notamment à travers la non-rémunération des stages pour les futurs enseignants, un choix politique controversé soutenu par la Coalition avenir Québec (CAQ).
Un manque de reconnaissance précoce pour les enseignants en devenir

Le métier d’enseignant n’est plus perçu comme une profession valorisée. Pour remédier à cette situation, il est crucial d’améliorer les conditions de travail et de mettre en lumière le rôle indispensable des professionnels de l’éducation. Un aspect fondamental de cette reconnaissance repose sur la rémunération des stages en enseignement, lesquels restent pourtant non rémunérés malgré les annonces initiales de la ministre Pascale Déry, qui a finalement annoncé leur maintien sans compensation financière.
Cette décision souligne le combat quotidien des étudiants en éducation pour la reconnaissance de leur futur métier, dans un contexte où le réseau éducatif québécois fait face à de nombreux défis, notamment des coupes budgétaires, un manque d’effectifs et des classes surchargées.
Des stages exigeants dans un contexte difficile
Dès le début de leur formation, les étudiants en éducation constatent la fragilité du système. En stage, ils découvrent la lourdeur des tâches : planification, correction, suivi avec parents et élèves, gestion des dossiers à risque, remédiation, préparation d’activités et participation aux réunions et comités. Ce degré d’investissement est conséquent et non rémunéré, ce qui entraîne précarité financière et stress.
Ces stages exigent souvent que les étudiants informent leurs employeurs de leur indisponibilité, ce qui peut perturber un emploi étudiant par ailleurs indispensable à leur subsistance, affectant ainsi leur santé mentale et leur stabilité financière.
Une vocation fragilisée par la politique gouvernementale
Les stages sont censés préparer les futurs enseignants à un métier qui dépasse largement le simple horaire de travail. Or, cette préparation s’accompagne d’une prise de conscience douloureuse : la profession ne sera jamais pleinement reconnue. La CAQ, par ses décisions, confirme cette réalité en sapant l’engagement étudiant et en maintenant la précarité.
Les élèves eux-mêmes sont surpris d’apprendre que le travail des stagiaires est bénévole, illustrant ainsi la dévalorisation sociale persistante. Cette situation accroît les difficultés de recrutement et de rétention dans un secteur déjà en pénurie. La suppression récente des bourses Perspective Québec destinées aux étudiants en enseignement accentue encore la crise.
La syndicalisation des stagiaires : un pas vers la reconnaissance
Face à ce contexte, la Centrale des syndicats du Québec a lancé une campagne à l’automne dernier pour la syndicalisation des stagiaires en éducation. Cette démarche vise non seulement à obtenir une rémunération de base pour les stages, mais aussi à revaloriser la profession dans son ensemble.
Il est essentiel que les futurs enseignants s’unissent pour défendre leurs conditions de formation et poser les bases d’une société qui valorise l’éducation. La pénurie d’enseignants, déjà alarmante, pourrait s’aggraver, notamment avec le départ programmé de nombreux professionnels dans les prochaines années, conséquence directe de la surcharge et de la démotivation.
Un appel à l’action collective
Le combat pour la reconnaissance de l’enseignement au Québec passe par la valorisation du travail des stagiaires et par la création d’un environnement propice au recrutement et à la rétention. Se syndiquer apparaît comme un levier indispensable pour contrer le manque d’engagement du gouvernement et bâtir un avenir durable pour la profession enseignante.