À Marseille, Marine Le Pen poursuit sa campagne municipale en apportant son soutien à Franck Allisio, candidat RN à la mairie. Cette visite est présentée comme un test pour le parti d’extrême droite dans une ville où les enjeux locaux croisent le front national. Les analyses soulignent que l’élection marseillaise pourrait être un indicateur de la vitalité du RN dans les grandes villes, même si les sondages restent partagés. Marine Le Pen Marseille est au cœur d’un duel local qui mêle sécurité, finances publiques et perception nationale du parti.

À Marseille, Marine Le Pen en soutien à Franck Allisio
Des sources décrivent deux dates possibles pour sa venue lors des vœux de Franck Allisio: selon La Marseillaise et Ipsos-BVA, l’événement pourrait avoir lieu vendredi 17 janvier; selon Le Parisien, l’invitée d’honneur est attendue vendredi 16 janvier. Dans les deux cas, le déplacement est présenté comme un pas stratégique pour la candidate et son entourage.
Lors de ce déplacement, les sondages récents montrent une compétitivité du poste: un sondage publié le 12 janvier par La Marseillaise, Experts et territoires et Ipsos-BVA place à égalité le poulain de Marine Le Pen et le maire sortant Benoît Payan, chacun recueillant 30% des intentions de vote au premier tour, ouvrant des perspectives pour le scrutin marseillais.
Au sein des attaques réciproques, le maire Benoît Payan a dénoncé les positions du RN et les choix de communication du mouvement. « Tout dans l’ADN de la ville dit le contraire de ce que ces gens racontent. Tout dans l’histoire de la ville dit le contraire de ce qu’est le Rassemblement national. Le Rassemblement national, c’est le parti anti-Marseille. Franck Allisio, c’est le parti anti-Marseille », a-t-il déclaré, fustigeant aussi « des propos racistes, xénophobes » publiés par l’équipe de Franck Allisio sur les réseaux sociaux et pointant un amendement voté à l’Assemblée nationale qui, selon lui, pourrait coûter à Marseille 50 millions d’euros.
Invitant ses électeurs à l’événement, Franck Allisio s’est réjoui de la venue de Marine Le Pen: « Marine Le Pen nous fait l’honneur, l’amitié d’être à mes côtés pour mes vœux. » Cette présence est perçue comme une étape symbolique dans une année électorale où le RN cherche à s’ancrer dans des villes d’importance régionale, et où les enjeux locaux (sécurité, insalubrité, déclin économique) restent au cœur des échanges.
Réactions et enjeux autour de la visite
Sur le fond, Benoît Payan voit dans la visite une opération politique qui s’inscrit dans une logique nationale plutôt que dans une réponse au quotidien marseillais: « Il y a quelque chose qui ne colle pas entre les mots et les actes », a-t-il répété, en référence à des éléments budgétaires et à la rhétorique du RN envers les collectivités locales. Le débat s’est aussi cristallisé autour d’un amendement récemment adopté qui, selon l’édile, réduit de 4,9 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement et qui pourrait, selon lui, peser sur Marseille d’ici les années à venir.
Du côté du RN, les responsables locaux présentent la venue de Marine Le Pen comme un signe de rapprochement politique et d’espoir pour une ville où, selon eux, l’insécurité et le clientélisme freinent le développement. Les échanges soulèvent aussi des questions sur l’avenir des finances municipales et sur l’efficacité des politiques publiques en matière d’insécurité et de rénovation urbaine, sans que les chiffres ne tranchent définitivement.