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    Négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis : avancées et enjeux

    Iran, États-Unis

    Discussions constructives entre l’Iran et les États-Unis sur le programme nucléaire iranien

    Le deuxième cycle de négociations, facilité par Oman, s’est tenu samedi à Rome, une semaine après la première session organisée à Mascate, capitale du Sultanat d’Oman.

    Les discussions ont été qualifiées de « constructives » et des discussions techniques devraient débuter mercredi à Oman, avant d’autres rencontres de haut niveau visant à rapprocher les positions en vue d’un accord.

    Qu’entend-on par discussions techniques ?

    Mercredi, des experts des deux parties vont entamer des échanges détaillés sur les modalités de levée des sanctions et leur lien avec le programme nucléaire iranien.

    Les régimes de sanctions imposés à l’Iran sont complexes et multilayers, chaque niveau étant associé à une mesure ou une garantie spécifique exigée d’Iran concernant son programme nucléaire.

    Trois jours après ces discussions techniques, une nouvelle session de négociations de haut niveau aura lieu à Mascate.

    Les deux premiers cycles ont été des pourparlers indirects entre Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, et Steve Witkoff, envoyé spécial américain, avec un relais assuré par Badr Albusaidi, chef de la diplomatie omanaise.

    Contexte et évolution des négociations

    Les responsables affichent un certain optimisme quant aux progrès réalisés, malgré un contexte initial tendu marqué par les menaces du président américain Donald Trump envers Téhéran.

    Début mars, Trump avait annoncé avoir écrit au Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, pour demander l’ouverture de négociations sur le programme nucléaire.

    Cette lettre, transmise via les Émirats arabes unis, a été remise avec un retard d’une semaine, ce qui a alimenté la méfiance iranienne. Khamenei avait alors rejeté les « exigences » des « gouvernements intimidateurs ».

    Pourtant, une détente est intervenue, et l’Iran a accepté des négociations indirectes sous médiation omanaise, rappelant le rôle central d’Oman lors des pourparlers secrets ayant conduit à l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA).

    La position iranienne sur l’arme nucléaire

    L’Iran n’a jamais donné de signe indiquant une intention de développer une arme nucléaire. Le Guide suprême a même émis une fatwa religieuse interdisant explicitement cette démarche.

    Malgré les menaces américaines, Khamenei a affirmé que si l’Iran décidait de se doter d’une arme nucléaire, personne ne pourrait l’en empêcher. Cependant, il n’a pas abrogé sa fatwa.

    Un accord déjà existant : le JCPOA de 2015

    L’accord global conjoint (JCPOA) signé en 2015 représentait une victoire diplomatique pour l’administration Obama. Il prévoyait des inspections régulières du programme nucléaire iranien en échange d’un assouplissement des sanctions occidentales.

    Mais critiqué par Trump, l’accord a été abandonné par les États-Unis en mai 2018, qui ont rétabli des sanctions sévères contre l’Iran.

    Les attentes des États-Unis

    Un point central des négociations porte sur la quantité d’uranium enrichi détenue par l’Iran et son degré d’enrichissement.

    L’uranium enrichi est utilisé dans les réacteurs nucléaires, généralement entre 3 et 5 %. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran possède environ 274,8 kg d’uranium enrichi à 60 %, en dessous des 90 % requis pour une arme nucléaire.

    Le JCPOA autorisait l’enrichissement jusqu’à 3,67 % et une réserve maximale de 300 kg d’uranium. Steve Witkoff a indiqué que ce taux restait acceptable, conforme à l’accord précédent.

    Pourquoi Trump souhaite-t-il un nouvel accord ?

    Il est difficile de déchiffrer pleinement les motivations de Trump, mais il se présente comme un négociateur prêt à discuter avec tous, même si cela signifie conclure un accord similaire au précédent.

    Son rejet du JCPOA en 2018 a été influencé par Israël, qui considère l’Iran comme une menace majeure et suspecte un programme d’armement secret.

    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a d’ailleurs consacré une partie de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU en 2012 à illustrer cette menace par une caricature de bombe nucléaire avec des « lignes rouges ».

    Depuis la reprise des inspections internationales, un consensus s’est établi sur le respect par l’Iran des termes de l’accord, bien que le pays ait augmenté ses niveaux d’enrichissement après le retrait américain.

    Vers un nouvel accord ?

    Il est encore trop tôt pour affirmer l’issue des négociations, mais plusieurs signes sont encourageants :

    • Les équipes iranienne et américaine ont été présentes dans la même salle lors d’une partie des discussions,
    • Les progrès réalisés lors des discussions techniques,
    • Les déclarations prudentes mais optimistes d’Abbas Araghchi, qui souligne une meilleure compréhension sur certains principes et objectifs.

    L’Iran insiste pour obtenir une garantie américaine de respect de l’accord, tandis que les États-Unis demandent l’arrêt de l’enrichissement d’uranium jugé excessif par Washington.

    source:https://www.aljazeera.com/features/2025/4/20/everything-you-need-to-know-about-iran-us-nuclear-negotiations

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