Un océan de fleurs a envahi la place du marché à Mannheim, accompagné de messages comme « Qui attaque les policiers, nous attaque tous ! » La solidarité s’est manifestée lors de la cérémonie en mémoire du policier Rouven Laur, tué lors d’une attaque à l’arme blanche le 31 mai, dans cette ville de 325 000 habitants.
Début du procès à Stuttgart
Plus de huit mois après les faits, le procès d’un Afghan de 25 ans s’ouvre ce jeudi devant la cour d’appel de Stuttgart. L’agresseur a également blessé cinq participants à une manifestation de la mouvance islamophobe Pax Europa.
An accusation de meurtre et de tentative de meurtre
Le parquet fédéral a porté des accusations de meurtre et de tentative de meurtre, considérant que l’attaque était motivée par des raisons religieuses. Selon le procureur général Jens Rommel, l’accusé aurait agi avec une violence extrême dans le but de faire taire les critiques envers l’islam. En novembre, le parquet a affirmé que l’accusé aurait des sympathies pour l’État islamique (EI) et partagerait sa doctrine.
Contexte de l’attaque
L’agresseur était arrivé en Allemagne en 2013 en tant qu’adolescent, demandant l’asile. Sa demande a été rejetée en 2014, mais un interdiction de renvoi a été émise, probablement en raison de son jeune âge. Il vivait à Heppenheim, à environ 35 kilomètres au nord-est de Mannheim, avec sa femme allemande et leurs deux jeunes enfants. Avant l’attaque, il n’était pas connu des forces de police.
Impact sur les forces de l’ordre
La Deutsche Polizeigewerkschaft a déclaré que l’attaque continue d’affecter le travail des policiers. Ralf Kusterer, vice-président de l’organisation, a déclaré : « Le quotidien a changé. Cet acte lâche a marqué nos esprits. » Les agents prennent désormais davantage de précautions lors des interventions difficiles. « Souvent, l’usage de l’arme à feu est notre seule protection », a-t-il ajouté.
Appels à une meilleure protection des policiers
La syndicat réclame une meilleure protection pour les agents, incluant des équipements tels que des tasers, ainsi qu’une formation adaptée. Kusterer a précisé que, bien qu’ils croient qu’un taser n’aurait pas été efficace dans ce cas précis, une telle mesure reste essentielle pour la sécurité des policiers sur le terrain.
Conséquences sur les victimes et la communauté
Les blessures causées lors de l’attaque ont également laissé des séquelles chez les victimes. Stefanie Kizina, trésorière de Pax Europa, a déclaré que la plupart des blessés se portaient bien, à l’exception d’un homme qui a dû être réanimé. Cependant, le plus gravement touché continue de souffrir de douleurs à cause de lésions musculaires et nerveuses. Les effets psychologiques de cet événement traumatisant sont également considérables pour ceux qui l’ont vécu.
Débat sur les expulsions
Suite à l’attaque, environ 8000 personnes se sont réunies à Mannheim pour une veillée en mémoire des victimes. L’événement a déclenché un vif débat sur le renforcement des expulsions d’étrangers criminels. En réponse, le chancelier Olaf Scholz a annoncé la possibilité d’expulser de nouveau les criminels violents vers l’Afghanistan et la Syrie.