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    Salvador : Bukele peut désormais se représenter indéfiniment, critique et controversé

    Salvador

    Le Salvador est à l’aube d’une transformation majeure de son paysage politique, après que le Parlement a adopté une réforme constitutionnelle permettant au président Nayib Bukele de se représenter indéfiniment. Cette décision, largement contestée, marque une étape inquiétante dans la concentration des pouvoirs dans un pays où la démocratie semblait jusque-là petite à petite en danger.

    Une réforme qui bouleverse le cadre démocratique

    Selon la majorité pro-Bukele, cette réforme, adoptée par 57 députés lors d’une session de nuit, vise à renforcer la stabilité politique. Elle supprime notamment le second tour du scrutin présidentiel et allonge le mandat de cinq à six ans. Une particularité, car le mandat actuel de Bukele, élu en 2019, devait s’achever en 2024, mais la réforme prévoit sa fin en 2027, toutes proportions gardées, avec la possibilité pour lui de briguer un nouveau mandat indéfini.

    Les opposants dénoncent une rupture du principe démocratique, soulignant que le processus s’est déroulé dans la précipitation, en pleine période de vacances parlementaires, et sans réelle consultation citoyenne. La députée Marcela Villatoro a affirmé que « la démocratie est morte au Salvador », fustigeant une manœuvre qui ressemble à une tentative de réécriture autoritaire de la Constitution.

    Une popularité consolidée, des risques pour la démocratie

    Nayib Bukele, 44 ans, doit son succès à sa politique musclée contre les gangs, qui lui a permis de réduire drastiquement la violence, autrefois parmi les plus élevées au monde. Son impulsion à réformer le système légal et électoral s’accompagne d’un soutien massif de l’électorat, qui voit en lui un leader capable de maintenir l’ordre, quitte à faire passer la répression pour de l’efficacité. Toutefois, cette concentration des pouvoirs inquiète beaucoup d’observateurs et d’organisations de défense des droits humains.

    Depuis 2019, Bukele a instauré un état d’exception qui autorise des arrestations sans mandat, conduisant à la détention d’environ 87 000 personnes, souvent dans des conditions dénoncées par plusieurs ONG. Par ailleurs, des milliers d’innocents auraient été piégés dans cette répression, avec environ 430 morts en prison. La nouvelle réforme intervient dans un contexte de recul démocratique, où la liberté d’expression et la presse font l’objet de pressions croissantes.

    Réactions internationales et préoccupations

    Les critiques dénoncent une dérive autoritaire, la regardant comme une étape vers une dictature. Human Rights Watch et d’autres ONG ont comparé cette manœuvre à la redoutable emprise du Venezuela, soulignant que Bukele utilise sa popularité pour concentrer le pouvoir. La députée de l’opposition, Suecy Callejas, a défendu la réforme en affirmant qu’ »elle permet au Salvador de se défendre face à la criminalité », et qu’à ses yeux, la majorité du peuple approuve cette décision.

    Les images de la célébration lors de l’adoption de la réforme montrent des feux d’artifice sur le centre de San Salvador, signe de la satisfaction d’une partie de la population. Cependant, cette atmosphère festive masque des inquiétudes profondes quant à l’avenir démocratique du pays.

    Une dynamique de pouvoir qui inquiète

    Les observateurs craignent que cette nouvelle étape n’accélère la chute de la démocratie salvadorienne, déjà fragilisée par la répression contre les journalistes, les activistes et les opposants politiques. La communauté internationale suit de près ces évolutions, qui deviennent sources de tensions avec certains partenaires étrangers, notamment les États-Unis, qui avaient déjà salué la lutte contre la criminalité mais s’alarment désormais de ce que de telles mesures ouvrent la voie à des dérives autoritaires.

    Nayib Bukele lors d’un discours dans la capitale salvadorienne

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