À l’approche des municipales 2026, les campagnes se déploient en France et la sécurité devient l’un des enjeux majeurs dans plusieurs villes. Entre promesses de vidéoprotection, augmentation des effectifs de police municipale et débats sur l’usage des données publiques, les candidats cherchent à inscrire leur programme dans un contexte d’inquiétude croissante. Ce résumé s’appuie sur des reportages et entretiens locaux, sans extrapolation.
À Pau, la sécurité au cœur des meetings et du programme
À Pau, Philippe Arraou (liste citoyenne), qui mène une campagne « de proximité » à bord d’un van qu’il déplace de quartier en quartier, a choisi le sujet de la sécurité pour la première de ses huit réunions publiques, le 17 janvier.
La sécurité est aussi le sujet central des candidats RN, Margaux Taillefer, qui décrit une politique locale alignée sur la ligne nationale: « Nous avons une politique nationale de notre mouvement et nous l’appliquons localement », lors de sa première réunion publique, où le thème de l’augmentation des effectifs de la police municipale, des caméras et d’une politique « tolérance zéro » pour le trafic de drogue a dominé.
Par ailleurs, Pascal Boniface, avec sa liste « Pau c’est nous », propose d’augmenter le nombre d’agents (+20) et celui des éducateurs de rue, afin de « passer de 10 à 30 » et renforcer la présence humaine sur le terrain, notamment auprès des jeunes. Des opposants comme Jérôme Marbot (union de la gauche) et Jean-François Blanco (LFI) s’étaient affichés, en novembre 2025, place d’Espagne pour dénoncer « une politique du tout-sécuritaire ». « Bien sûr qu’il faut être strict sur le respect des règles, mais encore faut-il apprendre les règles », a pointé Marbot, voyant dans les mesures envisagées une impasse. Le maire sortant François Bayrou, quant à lui, n’a pas encore dévoilé ses propositions sécuritaires, mais nul doute qu’il prépare ses arguments avant de rentrer pleinement dans l’arène.

Vidéoprotection et sécurité locale à La Roche Chalais
Dans une commune de 3 000 habitants, le maire a muté le réseau de six caméras dont il héritait lors de son élection en 2020, à 25 caméras aujourd’hui. Cet élu, qui se disait initialement réticent sur des questions de libertés individuelles, affirme avoir compris que « je n’enlevais rien aux libertés individuelles, tout en améliorant la sécurité ».
La vidéoprotection est déployée en étroite collaboration avec les gendarmes: un relais est situé dans le clocher de l’église Notre-Dame et les signaux remontent dans une pièce du grenier de la mairie, où les gendarmes viennent régulièrement faire « parler » les vidéos. « Depuis 2021, l’investissement et l’exploitation ont coûté 45 000 euros », a calculé l’élu. Le système viserait aussi à soutenir des investigations plus lointaines dans les départements voisins, en liaison avec l’axe Libourne-Angoulême.
« Tout cela est très encadré », prévient-il. « Si je n’ai rien à me reprocher, je n’ai pas à avoir peur des caméras. » Les caméras, le dispositif et l’échange avec les forces de l’ordre, selon lui, restent un outil proportionné et utile pour la sécurité locale.

À La Rochelle et autour: lacunes de données et perceptions de sécurité
À La Rochelle, le débat s’appuie sur des chiffres non toujours publics et des données lacunaires. Malgré les demandes des médias, les chiffres précis restent difficiles à obtenir et les autorités renvoient vers la préfecture ou la ville pour les chiffres locaux. Néanmoins, à l’échelle départementale, entre 2020 et 2024, les atteintes aux biens ont augmenté de 14 %, avec les cambriolages passant de 3 022 à 3 660 et une hausse moyenne d’environ 40 % des violences, accompagnée d’une libération de la parole sur les violences sexuelles.
Cette situation nourrit le débat sur le lien entre le sentiment d’insécurité et les promesses politiques. Renée Zauberman, directrice de recherches au CNRS, rappelle que « On observe un lien très stable entre le sentiment d’insécurité vécu et pensé comme un problème social, et un tropisme politique pour la droite, et même plutôt l’extrême droite. Dans ces discours politiques-là, la question de la délinquance est un fonds de commerce », souligne-t-elle. Les électeurs pesant ce problème dans leurs choix, les campagnes s’efforcent de proposer des réponses mesurables plutôt que de se contenter de slogans.
Pour les journalistes, les données restent un élément clé pour éclairer les décisions des électeurs en matière de sécurité locale, même si les chiffres ne se déploient pas toujours de manière complète dans les villes. Le débat se joue aussi sur la définition du rôle du maire et la collaboration avec les forces de l’ordre pour la tranquillité publique.
Au-delà de ces villes, sécurité et tranquillité publique restent des enjeux récurrents des campagnes municipales, avec des opinions et des chiffres variables selon les territoires. Le niveau de coopération entre les municipalités et les forces de l’ordre, ainsi que la transparence des données, apparaissent comme des facteurs déterminants pour l’éclairage du vote.