Les autorités judiciaires de Guinée ont annoncé le démantèlement d’un réseau soupçonné d’être lié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une des principales organisations armées actives dans la région du Sahel. L’enquête, ouverte au début de l’année 2025, a conduit à l’arrestation de 14 personnes de nationalités diverses.
Parmi les personnes interpellées figurent sept Maliens et trois Guinéens, ainsi que des ressortissants du Niger et du Burkina Faso. La direction anti-terroriste a retenu à leur encontre trois chefs d’accusation principaux : complicité dans des actes terroristes, constitution d’une bande criminelle en lien avec un projet terroriste, et financement du terrorisme.
Mode d’organisation et moyens de recrutement
Les investigations ont révélé que le réseau opérait via trois groupes sur l’application WhatsApp, baptisés de façon religieuse — par exemple « La charia » et « Dar al-Fatwa » — et rassemblant plus de 500 abonnés, dont trente-huit Guinéens.
Le procureur a précisé qu’un ressortissant malien a été arrêté à Kankan : il est suspecté d’appartenir à une cellule dormante et d’avoir participé à des opérations de libération de otages contre rançon, ainsi qu’à des activités de financement de l’organisation.
- Nombre d’arrestations : 14
- Nationalités représentées : Mali, Guinée, Niger, Burkina Faso
- Canal d’activité principal : groupes privés sur une application de messagerie
Le communiqué ajoute que deux des mis en cause seraient des animateurs actifs promouvant des idées extrémistes au sein de ces groupes en ligne.
Enjeux sécuritaires et portée régionale
Cette opération intervient alors que les autorités guinéennes s’inquiètent de l’extension des groupes armés du Sahel vers l’Afrique de l’Ouest. L’affaire remet en lumière la problématique du financement terroriste en Guinée et la vulnérabilité des espaces de communication numériques.
Des observateurs estiment que la lutte contre ces groupes constituera l’un des principaux défis sécuritaires pour le président Mamadi Doumbouya au cours de son nouveau mandat. Le démantèlement du réseau souligne la nécessité d’un renforcement de la coopération régionale pour faire face à des menaces transfrontalières.
Les autorités locales multiplient désormais les mesures visant à améliorer le partage d’information, à surveiller les circuits financiers suspects et à contrôler les frontières afin d’empêcher l’installation de cellules hors de leurs zones d’influence traditionnelles.