Le quotidien israélien Haaretz affirme que l’armée israélienne a transformé la « ligne jaune » à Gaza en une frontière de fait, en renforçant durablement sa présence sur le terrain. Selon le journal, 32 positions militaires ont été installées et un barrage terrestre d’environ 17 kilomètres a été construit, donnant à cette zone de séparation un caractère permanent.
Présentée au départ comme une étape provisoire avant un retrait progressif de l’enclave, cette ligne est devenue, au fil des derniers mois, un axe central du dispositif israélien. Haaretz souligne que l’armée y déploie désormais ses forces de manière continue, alors même que les opérations se poursuivent dans les secteurs voisins.
Le journal indique aussi que plus de 200 Palestiniens ont été tués à proximité de cette zone au cours de la période récente. La « ligne jaune » marque ainsi une séparation intérieure au sein de Gaza, où l’armée israélienne s’est repliée temporairement dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, dans l’attente des étapes suivantes du désengagement prévu.
Une présence militaire qui s’installe
Cette évolution intervient alors que le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré précédemment qu’Israël ne se retirerait pas de cette ligne « d’un millimètre » avant le désarmement du Hamas. Cette position alimente l’idée, de plus en plus évoquée, d’un maintien israélien prolongé dans cette partie de Gaza.
En parallèle, la Maison Blanche a récemment dévoilé les structures de gouvernance de la phase de transition à Gaza. Elles comprennent un « Conseil de la paix », un Conseil exécutif pour Gaza, un comité national de gestion de Gaza ainsi qu’une force internationale de stabilisation chargée de sécuriser le territoire, de superviser le désarmement, et de garantir l’acheminement de l’aide humanitaire et la reconstruction.
Cette architecture s’inscrit dans la deuxième phase du plan en 20 points du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza. Le dispositif est soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité, adoptée le 17 novembre 2025.
Des violations malgré le cessez-le-feu
Sur le terrain, les violences se poursuivent malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025. Mercredi dernier, un فلسطinien a été tué et plusieurs autres blessés lors d’un bombardement israélien dans le centre de Gaza, selon la Défense civile locale.
Des blessés ont également été signalés après des tirs de vedettes israéliennes ayant visé des tentes de déplacés dans la zone d’Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younès. Cette région, où s’entassent de nombreux civils, reste l’un des principaux points de concentration des déplacés depuis le début de la guerre.
D’après le ministère de la Santé à Gaza, le bilan des attaques israéliennes depuis octobre 2023 dépasse désormais 72 000 morts et 171 000 blessés parmi les Palestiniens. Après deux années de guerre, l’enclave reste profondément dévastée, avec près de 90 % des infrastructures civiles endommagées.
Les estimations de reconstruction évoquent un coût d’environ 70 milliards de dollars. Dans ce contexte, la « ligne jaune Gaza » apparaît de plus en plus comme un marqueur durable du nouveau rapport de force imposé sur le territoire.