Escalade Iran‑Israël : les tensions se sont intensifiées après des frappes aériennes que l’armée israélienne a affirmé avoir menées contre des infrastructures à Téhéran, et une riposte annoncée par le Corps des Gardiens de la Révolution iranien, qui a lancé ce qu’il appelle la « vague 73 » d’opérations offensives.
La « vague 73 » et les moyens déclarés
Le Corps des Gardiens a annoncé le lancement d’une nouvelle phase d’attaques par missiles et drones contre des « terres occupées », affirmant l’emploi de techniques de tir modifiées et de vecteurs lourds. Selon son communiqué, ces tirs visaient des sites stratégiques en Israël, notamment dans les régions de Démona et d’Arad.
Les autorités iraniennes ont revendiqué l’utilisation combinée de missiles (désignés par leurs appellations locales) et d’armes aériennes sans pilote pour frapper des cibles qu’elles qualifient de liées au programme nucléaire israélien.
Les lieux visés et les allégations sur Démona
Parmi les localités citées par Téhéran figurent Démona, Arad, Beer‑Sheva et Kiryat Gat. Le Corps des Gardiens a assuré avoir frappé des « laboratoires coûteux » rattachés, selon lui, à des recherches nucléaires israéliennes, et a évoqué la destruction d’installations appartenant à des instituts scientifiques.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué ne pas avoir constaté de dommages au site nucléaire de Démona, soulignant une divergence entre les déclarations iraniennes et les constats internationaux.
Destruction d’un quartier à Arad et bilan local
Le Corps des Gardiens a affirmé que l’impact d’un seul projectile a provoqué la destruction d’un quartier entier à Arad. Les rapports israéliens décrivent pour leur part un dégât majeur : plusieurs bâtiments ont été touchés et des dizaines de personnes ont été blessées.
- Arad : destruction d’un quartier selon l’Iran ; au moins 88 blessés déclarés localement, dont 10 dans un état grave et 19 dans un état moyen, avec neuf immeubles directement endommagés.
- Démona : selon les services ambulanciers israéliens, 51 personnes ont été blessées par des impacts de roquettes et d’éclats dans une douzaine de sites différents ; le maire a ordonné l’évacuation de 485 habitants.
Réactions opérationnelles et mesures d’urgence en Israël
L’armée israélienne a maintenu des opérations de recherche et de sauvetage sur les lieux touchés, tandis que la Garde civile (Home Front Command) continue d’intervenir pour gérer les conséquences des impacts. Les autorités médicales ont élevé le niveau d’alerte.
L’hôpital Soroka, à Beer‑Sheva, a déclaré l’état d’urgence pour absorber le flux de blessés en provenance d’Arad. Par ailleurs, les autorités ont renforcé les restrictions de sécurité dans le sud et le ministère de l’Éducation a annulé les cours en présentiel pour les deux jours suivants afin de préserver la sécurité des élèves.
Bilan contradictoire et montée des tensions
Les chiffres diffèrent entre les communiqués iraniens, qui évoquent un « effondrement des systèmes de défense » et plus de 200 victimes entre morts et blessés, et les bilans israéliens publiés jusqu’à présent, qui détaillent surtout le nombre de blessés et les opérations d’évacuation sans confirmer le nombre de morts.
Cette escalade marque une nouvelle étape dans l’affrontement réciproque visant des infrastructures stratégiques et nucléaires présumées, accentuant le risque d’une confrontation plus large dans la région.