Les tensions se sont encore intensifiées dans le Golfe, au 28e jour de la guerre, avec de nouvelles vagues de missiles et de drones iraniens interceptées par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn. Selon les autorités des différents pays, les systèmes de défense aérienne ont été mobilisés à plusieurs reprises pour contrer des engins venus de Téhéran.
Riyad a indiqué que son ministère de la Défense avait intercepté et détruit 11 drones dans le nord du royaume depuis jeudi matin. Cette annonce s’inscrit dans une série d’opérations de défense menées dans la région face à des attaques répétées par voie aérienne.
Au Koweït, l’armée a affirmé, dans la nuit de jeudi à vendredi, que ses défenses aériennes faisaient face à des attaques de missiles et de drones. Les responsables militaires ont précisé que les détonations éventuellement entendues étaient dues à l’interception des engins hostiles par les batteries de défense antiaérienne.
Le porte-parole du ministère koweïtien de la Défense, le colonel Saoud Al-Otwan, avait déjà expliqué la veille que les forces armées avaient repoussé, au cours des 24 dernières heures, six missiles balistiques et un drone. Ces interceptions illustrent la pression croissante exercée sur les systèmes de défense des États du Golfe.
Aux Émirats arabes unis, le ministère de la Défense a annoncé avoir intercepté 15 missiles balistiques et 11 drones dans sa dernière mise à jour. Les autorités émiriennes ont également affirmé qu’au total, depuis le début des attaques, le pays a dû faire face à 372 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1 826 drones.
Bahreïn a, de son côté, déclaré jeudi que ses systèmes de défense aérienne continuaient de repousser des vagues successives d’attaques iraniennes visant le royaume. La Force de défense bahreïnienne a précisé avoir intercepté et détruit, depuis le 28 février dernier, 154 missiles et 350 drones.
Ces attaques ont également provoqué des victimes et des dégâts matériels. Jeudi, le bureau des médias d’Abou Dhabi a fait état de deux morts et de trois blessés après la chute de fragments de missile dans une rue de la capitale, à la suite de l’interception d’un missile balistique.
À Bahreïn, le ministère de l’Intérieur a indiqué que la défense civile avait maîtrisé un incendie déclenché dans une installation de la province de Muharraq à la suite d’une attaque iranienne. Selon les autorités bahreïniennes, cet incident n’a pas fait de blessés.
Mercredi, le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie avaient condamné avec la plus grande fermeté les attaques menées par l’Iran, directement ou par l’intermédiaire de ses alliés et de groupes armés affiliés dans la région. Les six pays ont dénoncé une violation flagrante de leur souveraineté, de l’intégrité territoriale et du droit international.
Dans un communiqué commun, ces États ont également affirmé que les attaques lancées depuis l’Irak par des groupes armés proches de Téhéran contre des installations et des infrastructures du Golfe constituaient une violation manifeste des lois et conventions internationales. Ils ont notamment invoqué une résolution du Conseil de sécurité exigeant l’arrêt immédiat de toute menace ou agression contre les pays voisins.
Depuis le 28 février, les pays du Golfe subissent des attaques de missiles iraniens et de drones dans un contexte de forte escalade régionale. Téhéran présente ces opérations comme une réponse militaire aux frappes américaines et israéliennes.
L’Iran affirme ne pas viser des pays précis, mais les bases américaines dans la région. Sur le terrain, ces frappes ont toutefois touché des infrastructures civiles dans plusieurs pays du Golfe, notamment des aéroports, des ports et divers bâtiments, dont certains résidentiels.