Les États-Unis ont informé Israël que les discussions avec l’Iran étaient dans l’impasse, alors même que Washington étudie de nouvelles options militaires, dont une intensification des frappes contre des cibles économiques liées au Corps des gardiens de la révolution islamique. Selon Yedioth Ahronoth, cette évolution intervient dans un contexte de tensions accrues et de canaux diplomatiques toujours fragiles.
D’après une source diplomatique citée par le journal israélien, le principal obstacle à toute avancée reste la méfiance profonde entre les deux camps. Téhéran réclame un cessez-le-feu immédiat, ainsi que des garanties empêchant toute reprise des combats si les négociations venaient à échouer, en s’appuyant sur des précédents jugés défavorables.
De son côté, la partie américaine exige la réouverture complète, sans restriction, du détroit d’Ormuz et la remise de l’ensemble des stocks d’uranium enrichi. La même source affirme qu’un message américain a rappelé que l’Iran s’était vanté de disposer de suffisamment d’uranium pour fabriquer dix bombes nucléaires, une déclaration que l’envoyé spécial Steve Witkoff dit avoir déjà entendue lors d’échanges antérieurs avec Téhéran.
Malgré ce blocage, les discussions ne sont pas totalement interrompues. Les messages continuent de circuler par des canaux de médiation régionaux, même si l’on ignore toujours quelle autorité iranienne est officiellement habilitée à conduire ces échanges. Pour Washington, la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et le retour du trafic maritime à son niveau d’avant-guerre demeurent des objectifs centraux.
Des frappes qui pourraient durer encore plusieurs jours
Selon les estimations partagées en Israël et aux États-Unis, les opérations militaires devraient se poursuivre pendant au moins dix jours. L’objectif affiché serait de réduire progressivement la capacité de l’Iran à reconstruire ses infrastructures militaires, tout en frappant son économie et ses sources de revenus.
La presse israélienne indique toutefois qu’aucune décision définitive n’a encore été prise concernant des cibles stratégiques particulièrement sensibles, comme les principales centrales électriques ou les installations de production et d’exportation pétrolière. Ces options restent à l’étude, dans une logique de pression graduelle sur Téhéran.
Les axes affichés de l’offensive
Les propos du président américain Donald Trump, qui affirme avoir atteint la majeure partie des objectifs de guerre, s’inscrivent dans plusieurs priorités clairement identifiées. La première consiste à empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, un enjeu qui domine l’ensemble du dossier.
Le deuxième volet concerne les capacités militaires iraniennes, notamment son arsenal de missiles. Selon les estimations publiées, environ 80 % des missiles avancés auraient été détruits, ainsi que plus de 90 % des lanceurs, ce qui rapprocherait l’opération de son objectif tactique principal.
La presse évoque également des frappes de grande ampleur contre les forces aériennes et navales iraniennes, ainsi que la destruction de dizaines d’usines militaires, en particulier dans les domaines des missiles, des drones et des munitions. Ces pertes auraient aussi un impact direct sur les réseaux de soutien de Téhéran dans la région.
Le troisième axe concerne l’effet économique des bombardements. Selon ces évaluations, l’affaiblissement des infrastructures iraniennes pourrait réduire la capacité de la République islamique à financer et soutenir militairement ses alliés. Enfin, un quatrième objectif, plus politique, viserait à affaiblir le régime iranien, voire à en favoriser le changement, un sujet évoqué lors d’une rencontre entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou.
Une médiation encore sans réponse
Dans le même temps, la Chine et le Pakistan ont présenté une initiative en cinq points pour mettre fin à la guerre. Les deux pays ont plaidé pour une sortie de crise fondée exclusivement sur le dialogue et la diplomatie, sans obtenir pour l’instant de réponse officielle de la part de Téhéran ou de Washington.
Cette proposition illustre l’ampleur des efforts régionaux et internationaux pour éviter une escalade prolongée. Mais à ce stade, l’impasse reste manifeste, et les négociations entre les États-Unis et l’Iran semblent toujours suspendues à des exigences incompatibles.