Les débats sur la fin de vie et l’aide à mourir se poursuivent au Sénat, avec deux textes examinés et un vote prévu le 28 janvier 2026. Le travail législatif s’appuie sur les textes adoptés par l’Assemblée nationale en mai 2025 et sur les réflexions issues de la Convention citoyenne sur la fin de vie, ainsi que sur les débats parlementaires qui ont suivi. Dans ce cadre, les sénateurs envisagent une version plus encadrée, centrée sur les situations de fin de vie à très court terme et sur un resserrement des conditions d’accès. Des enjeux juridiques et éthiques se mêlent aux opinions, et les discussions s’annoncent nourries à l’échelle nationale et territoriale.
Au Sénat, le droit à l’aide à mourir au cœur des débats jusqu’au 28 janvier 2026
Deux textes sont à l’ordre du jour: l’un porte sur le renforcement des soins palliatifs et le second sur l’« aide à mourir » ou l’« assistance médicale à mourir ». L’examen, entamé dans l’hémicycle du Sénat, suit les textes adoptés par l’Assemblée nationale en mai 2025 et leur refonte par la commission des affaires sociales. « La commission des affaires sociales du Sénat a considérablement retravaillé ces textes. Outre le changement de nom, il y a une approche radicalement différente, avec un risque mis en avant par des collègues, à savoir un « dérapage »… On s’est aussi intéressé à ce qui se passait dans les pays qui ont autorisé cela et à la manière dont cela a évolué. Aujourd’hui, on part avec des textes plus bordés qu’à l’Assemblée », détaille la sénatrice haut-marnaise, Anne-Marie Nédélec.
« Sur le plan juridique, est-ce un droit ? On part ensuite sur la liberté de conscience », observe la sénatrice. Pour les soins palliatifs, le consensus est partagé et les partisans soulignent la nécessité de mieux prendre en charge les patients dès le diagnostic, tout en reconnaissant les difficultés liées à l’insuffisance des soins palliatifs dans certains départements.
Le vote est prévu pour le mercredi 28 janvier, et les échanges montrent des positions qui varient selon les familles politiques et les secteurs professionnels. Les partisans de l’ouverture à mourir insistent sur la nécessité d’améliorer l’accompagnement des patients, tandis que les opposants demandent des garde-fous et la reconnaissance des directives anticipées.

À Rennes et dans le diocèse, des objections religieuses et une demande d’exception
Du côté religieux, le diocèse de Rennes et des représentants de communautés ont pris la parole en amont du retour du texte au Sénat. L’archevêque de Rennes, Mgr Pierre d’Ornellas, a tenu une conférence de presse lundi 19 janvier 2026 et apparaît aux côtés de religieuses pour dire leur inquiétude face à l’entrée de l’aide à mourir dans le champ du soin.
Selon eux, l’objectif est de permettre aux établissements de soins et aux Ehpad tenus par des autorités religieuses de ne pas appliquer l’aide à mourir lorsque celle-ci est demandée. « Une atteinte à l’équilibre des communautés religieuses », décrivent les religieuses présentes, qui dirigent des réseaux d’hôpitaux et de maisons de retraite privés. Elles proposent un amendement pour permettre à certains lieux de soins d’échapper à la future loi, proposition qui est durement contestée par les associations pour le droit à mourir.
La solution évoquée par Mgr d’Ornellas prévoit, si une personne demande l’aide à mourir dans un établissement religieux, de l’orienter vers un autre établissement, là où l’acte létal pourrait être pratiqué; les établissements religieux ne seraient pas concernés par l’application de la loi, comme le souhaite le diocèse.
Les associations opposées à cette exception estiment que demander à des patients de déménager pour accéder à un produit létal est inacceptable, et elles défendent l’objectif d’un cadre strict qui protège les établissements religieux tout en garantissant l’accès à l’aide à mourir pour les patients éligibles.

Les débats se poursuivront au Sénat, avec les acteurs du droit à mourir et les défenseurs des établissements religieux qui poursuivent leurs positions respectives, dans un cadre qui pourrait évoluer avant le vote final.