À Madrid, une campagne numérique de l’Atlético a déclenché une vive controverse après avoir fait croire, dans un premier temps, à la suppression d’un message officiel. Le club a diffusé en arabe et en anglais un visuel sur fond rouge avec son blason, laissant entendre qu’un post avait été retiré en raison d’un « malentendu » provoqué par une vidéo, avant d’annoncer qu’une explication suivrait. Très vite, la séquence a pris une autre tournure : il ne s’agissait pas d’un communiqué de crise, mais d’une opération de communication pensée pour capter l’attention.
En suivant les publications successives du même compte, les internautes ont compris que la prétendue suppression n’avait jamais eu lieu. L’objectif était en réalité de reprendre les codes graphiques et le ton d’un communiqué institutionnel pour pousser le public à découvrir une vidéo consacrée aux buts de Nahuel Molina. Le dispositif a ainsi joué sur l’ambiguïté, en installant d’abord l’idée d’un incident, avant de révéler progressivement sa dimension promotionnelle.
Cette fausse suppression de post Atlético Madrid soulève plusieurs questions sur les limites du marketing sur les réseaux sociaux. D’un côté, la méthode a permis au club de générer de l’engagement et de faire circuler massivement son contenu. De l’autre, elle a brouillé les repères entre information officielle et opération publicitaire, dans un contexte où la confiance du public est déjà fragile.
La polémique tient aussi au fait que ce type de mise en scène peut être facilement imité par de faux comptes. En reprenant la même charte visuelle et le même langage que ceux utilisés lors de véritables crises, des acteurs malveillants pourraient diffuser des informations erronées au nom d’une institution crédible. Ce risque nourrit les inquiétudes autour de la circulation de contenus trompeurs, surtout sur des plateformes où la rapidité de diffusion prime souvent sur la vérification.
Dans le cas présent, plusieurs supporters ont vivement réagi, souvent sur le ton de la moquerie. Certains ont estimé que le compte de l’Atlético « étirait l’histoire sans rien dire », tandis que d’autres ont dit s’être laissé prendre avant de comprendre la nature promotionnelle de l’opération. Les critiques ont aussi mêlé cette séquence à la situation sportive du club, jugée insuffisante par une partie des fans.
Le timing n’a pas aidé à calmer les esprits. Cette campagne est intervenue après la défaite de l’Atlético Madrid face au Real Madrid sur le score de 3-2, lors du derby disputé le 22 mars 2026. Malgré un but inscrit par Nahuel Molina, l’initiative a été perçue par certains comme déconnectée de l’état de frustration des supporters, encore marqués par le revers face au rival madrilène.
Au-delà de la seule communication du club, l’épisode rappelle à quel point les frontières entre information, mise en scène et promotion deviennent poreuses sur les réseaux sociaux. Lorsqu’un message emprunte les codes d’un communiqué d’urgence pour finalement servir un objectif marketing, il peut produire l’effet inverse de celui recherché : attirer l’attention, certes, mais au prix d’une perte de crédibilité.