La pollution atmosphérique ne se limite pas à dégrader l’environnement : elle représente aussi un enjeu majeur de santé publique. Ses effets touchent directement le système respiratoire, avec une irritation des voies respiratoires, une aggravation de maladies chroniques comme l’asthme ou la bronchite chronique, ainsi qu’une diminution de la fonction pulmonaire. Elle favorise aussi les infections respiratoires et fragilise davantage les personnes déjà vulnérables.
Les conséquences ne s’arrêtent pas là. La pollution de l’air augmente également les risques d’infarctus du myocarde, d’inflammation des vaisseaux sanguins et de troubles du rythme cardiaque. Les particules fines peuvent pénétrer dans la circulation sanguine, ce qui accentue encore leur danger pour l’organisme. Certaines études la suspectent même d’avoir un impact sur le cerveau, avec un possible rôle dans l’augmentation du risque de démence.
Bucarest, 7e ville la plus polluée au monde selon IQ Air
Dans ce contexte, Bucarest fait figure de mauvais élève en Europe. Selon un rapport d’IQ Air publié le 23 octobre, la capitale roumaine est la septième ville au monde où l’on respire le moins bien. Son indice de qualité de l’air atteint 121, ce qui la classe dans la catégorie « insalubre pour les groupes sensibles ».
Cette classification signifie que l’air peut être nocif pour les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de fragilités cardiaques ou pulmonaires. La situation est particulièrement préoccupante dans une grande capitale européenne, où la densité de population et les activités urbaines accentuent les impacts sanitaires de la pollution urbaine.
Une dégradation marquée depuis 2024
Le constat est d’autant plus inquiétant que la qualité de l’air à Bucarest s’est nettement détériorée par rapport à 2024. Il y a un an, la ville affichait un indice moyen de 58, un niveau considéré comme modéré. À cette époque, l’air était encore jugé acceptable pour la plupart des gens, ce qui montre une dégradation rapide de la situation.
Plusieurs facteurs expliquent ce mauvais classement : le manque d’espaces verts, la forte densité urbaine, la présence d’activités industrielles et de centrales thermiques. L’incinération des déchets dans les communes autour de la capitale roumaine contribue également à la formation de fumées toxiques et à l’augmentation des particules fines.
New Delhi, ville la plus polluée au monde
Au niveau mondial, le classement d’IQ Air place New Delhi, en Inde, en tête des villes les plus polluées, avec un indice de 195. Elle est suivie par Lahore au Pakistan (185), Dacca au Bangladesh (162), Almaty au Kazakhstan (147), Calcutta en Inde (139) et Karachi au Pakistan (124).
Bucarest arrive en septième position, devant Pékin, en Chine, avec un indice de 117, puis Tel-Aviv, en Israël, avec 107. Dubaï, aux Émirats arabes unis, complète ce triste top 10 des villes les plus polluées au monde.
Comment se protéger à titre individuel ?
Face à une pollution de l’air élevée, quelques réflexes peuvent aider à limiter l’exposition. Les jours où l’indice local de qualité de l’air est mauvais, il est recommandé de réduire les sorties autant que possible. À la maison, mieux vaut fermer portes et fenêtres et régler le système de chauffage, de ventilation et de climatisation sur le mode recirculation.
Si une sortie est indispensable malgré un air très pollué, le port d’un masque FFP2 peut offrir une protection supplémentaire. Pour suivre l’évolution en temps réel, IQ Air permet de consulter la qualité de l’air dans de nombreuses villes du monde grâce à une interface visuelle et gratuite.

