Des particules de dioxyde de titane, classé cancerogène potentiel pour l’être humain depuis 2006, continuent d’être détectées dans le lait infantile, le lait animal et, de manière préoccupante, dans le lait maternel. Ces observations proviennent de travaux menés par l’INRAE, l’AP-HP et le CNRS, publiés dans la revue Science of the Total Environment. Le dioxyde de titane est utilisé comme additif et opacifiant dans l’alimentation sous le nom E171; par mesure de précaution, il a été interdit en France en 2020, puis dans l’Union européenne en 2022.
Les laits animaux contaminés à 100%
Plus précisément, les chercheurs ont détecté entre 6 millions et 3,9 milliards de particules de titane par litre dans les laits infantiles, et entre 16 et 348 millions par litre dans les laits d’origine animale. Aucune catégorie n’est épargnée : 100 % des laits animaux (frais ou en poudre, provenant de vaches, d’ânesses ou de chèvres), biologiques ou conventionnels, contenaient des particules de titane, et 83 % des laits infantiles disponibles dans le commerce contenaient des particules.
Et le lait maternel ?
Des particules ont été retrouvées dans les laits maternels de dix femmes volontaires vivant à Paris ou en proche banlieue, à des taux variables, certaines femmes présentant jusqu’à 15 fois plus de particules que d’autres. Les scientifiques expliquent que la substance est capable d’atteindre la glande mammaire.
Ces travaux démontrent que l’exposition au dioxyde de titane subsiste malgré son interdiction sur le marché, et supposent des voies de contaminations autres qu’alimentaires.
Contexte et implications
Ce constat souligne l’importance de poursuivre les recherches sur les nanoparticules utilisées comme additifs et sur les éventuelles voies de contamination, même lorsque l’ingestion alimentaire est réduite. Il invite à rester vigilant concernant les niveaux de dioxyde de titane dans les matrices biologiques et les produits destinés aux nourrissons.