Samedi 25 octobre, Mark Mardell, journaliste britannique, s’est vu refuser l’embarquement à bord d’un vol Istanbul-Gatwick. Après avoir enregistré ses bagages, il a été débarqué avant même de passer la sécurité. Selon son récit, Turkish Airlines aurait estimé que les personnes atteintes de la maladie de Parkinson pouvaient représenter un danger pour elles-mêmes ou pour les autres.
L’incident relance une question essentielle : dans quels cas une compagnie aérienne peut-elle exiger des informations médicales, et à partir de quand peut-elle refuser l’accès à bord à un passager ? Entre sécurité aérienne, droit du passager et certificat médical, les règles ne sont pas toujours les mêmes d’une compagnie à l’autre.
Quand une compagnie aérienne peut refuser l’embarquement
Les transporteurs aériens peuvent considérer certains passagers comme présentant un risque pour les autres. C’est notamment le cas des personnes en état d’ivresse ou atteintes d’une maladie contagieuse. Dans ces situations, un agent de la compagnie ou un membre du personnel médical peut évaluer l’état du passager afin de décider s’il peut voyager sans danger.
Un refus d’embarquement peut alors être prononcé pour des raisons de sécurité ou de responsabilité légale. Durant la pandémie de Covid-19, de nombreuses compagnies avaient imposé des contrôles de température obligatoires avant l’embarquement, mais les règles actuelles varient encore selon les pays et les compagnies aériennes.
Les situations médicales qui peuvent poser problème en vol
Le vol peut aussi être déconseillé lorsque le passager court un risque pour lui-même. C’est le cas si la personne souffre d’affections cardiaques ou pulmonaires instables, si elle est enceinte de plus de 28 semaines, si elle a subi une intervention chirurgicale récente ou si elle porte un plâtre après une fracture.
La faible pression en cabine peut provoquer des complications : une poche d’air emprisonnée dans le corps peut se dilater pendant le vol, et un plâtre non fendu peut entraîner un gonflement très douloureux, voire dangereux. Dans certaines situations, notamment après une opération majeure, un certificat médical peut être exigé jusqu’à six semaines après l’intervention.
Par précaution, les compagnies aériennes demandent alors souvent un formulaire MEDIF, pour Medical Information Form, complété par le médecin. Sans ce document, l’embarquement peut être refusé.
Grossesse, plâtre et problèmes cardiaques : quelles règles ?
Dans le cas de la grossesse, la plupart des compagnies interdisent de voler après 36 semaines, avec ou sans certificat médical. Pour un plâtre posé depuis moins de 48 heures, certaines compagnies peuvent exiger qu’il soit fendu sur toute sa longueur, ou refuser le voyage si la situation leur paraît risquée.
Concernant les pathologies pulmonaires ou cardiaques, les passagers peuvent parfois être soumis à un test d’oxygénation avant d’être autorisés à monter à bord. Au final, c’est le commandant de bord qui a le dernier mot si la sécurité lui semble compromise.
Qu’en est-il de la maladie de Parkinson ?
Dans le cas de la maladie de Parkinson, aucun risque spécifique lié au vol n’est clairement établi. L’association Parkinson’s UK rappelle surtout l’importance de bien s’hydrater pendant le trajet, afin d’éviter la déshydratation, particulièrement en cas d’hypotension.
Si le personnel de cabine est informé de la maladie, il peut veiller à proposer régulièrement des boissons pendant le vol. Pour l’association, ce suivi simple suffit généralement à améliorer le confort du passager sans qu’un risque particulier soit associé au voyage aérien.
Turkish Airlines et le certificat médical demandé à Mark Mardell
Dans cette affaire, Turkish Airlines aurait demandé à Mark Mardell un certificat médical précisant que « voyager en avion ne présente aucun danger ». Une exigence jugée inhabituelle, et qui ne constitue pas une norme générale selon les spécialistes du sujet.
La compagnie précise toutefois sur son site que les passagers atteints de Parkinson doivent présenter ce document. Face à cette situation, le journaliste britannique a demandé des explications et a saisi l’Autorité de l’aviation civile. Turkish Airlines a indiqué mener une enquête sur l’incident.
Vers des contrôles médicaux plus fréquents pour les passagers ?
Au-delà de ce cas précis, la question des informations médicales fournies aux compagnies aériennes pourrait prendre de l’ampleur. Avec le vieillissement de la clientèle, certaines compagnies pourraient bientôt demander à tout passager de plus de 80 ans de remplir un questionnaire médical avant un vol long-courrier.
Dans ce contexte, la maladie de Parkinson, le certificat médical, les conditions de vol et la sécurité aérienne deviennent des sujets de plus en plus sensibles pour les voyageurs comme pour les transporteurs.
