C’est sous un grand soleil de juin que j’arrive à La Cheneaudière, hôtel cinq étoiles membre des Relais & Châteaux. Malgré sa taille impressionnante, l’établissement conserve l’allure d’une maison de famille alsacienne, avec ses colombages et son ossature à pan de bois, parfaitement intégrés au paysage et à la forêt alentour. Nous sommes un lundi, et cette parenthèse tombe à point après un week-end familial particulièrement tendu.
Dès mon arrivée, je découvre avec ravissement ma suite, baptisée Les Capucines. Sur 55 m2, l’ambiance est chaleureuse, cocooning et pensée pour la déconnexion. Depuis la grande terrasse panoramique, autre surprise agréable : un jacuzzi privé, idéal pour prolonger le séjour dans le calme de la nature.
Un premier soin signature autour du miel
Après un léger déjeuner au buffet, le restaurant n’ouvrant que le soir, je teste mon premier soin : Simples et miel. Ce soin signature de la maison est réalisé à base de miel et associe un massage du corps et du visage avec des cuillers à miel, « faites sur mesure par un artisan de la région », m’explique la praticienne. « Je vais appuyer sur des points qui vous permettront de relâcher totalement la pression », annonce-t-elle.
Promesse tenue : la détente est telle que je ne tarde pas à m’endormir. Après une heure de soins, la praticienne me réveille pour m’inviter à « aller au bain ». J’y plonge dans une grande baignoire ronde installée en bord de baie vitrée, face à la forêt qui s’étend à perte de vue. « N’hésitez pas à verser du lait et du miel dans votre bain afin que votre expérience soit la plus sensorielle possible », me conseille-t-elle, tandis qu’un plateau de gourmandises m’attend au rebord de la baignoire avec macarons, miel, lait et thé.
Si j’ai le privilège de tester ce soin « élu meilleur soin signature 2023 » seule, on m’explique que les clients viennent généralement à deux. « Beaucoup de couples réservent ce soin mais également des copines ou des duos mères-filles », précise-t-on avant que je profite de trente minutes supplémentaires dans l’eau chaude.
Visite des suites et immersion dans un spa géant de 2 500 m2
Je rejoins ensuite les autres pour une visite complète de l’établissement menée par sa directrice, Claire Oiknine. Elle nous fait découvrir des suites plus belles les unes que les autres, aux ambiances boisées, végétales ou design, avec des meubles élégants et originaux. Chacune possède son propre univers, au point de susciter une vraie envie de changer de chambre à chaque porte ouverte.
La visite se poursuit dans le spa, vaste de 2 500 m2 répartis sur trois niveaux. Claire nous détaille la richesse des installations : deux piscines intérieures, dont un grand bassin avec parcours extérieur chauffé à 33°C, un bassin extérieur à débordement avec micro-bullage chauffé à 34°C, un bain nordique à jets massants, plusieurs bains à remous, des douches aux sensations variées, une fontaine à glace, cinq saunas allant de 45°C à 90°C, ainsi qu’un hammam réparti en deux salles aux degrés de chaleur et d’humidité différents.
Parmi tous ces espaces, la piscine naturelle me séduit particulièrement. Son eau verte serpente au milieu d’aménagements suspendus en cordage, surnommés ici les « Cocon de La Cheneaudière ». « Actuellement elle est à 19°C, la température varie de 10 à 24°C selon la saison », explique Claire. « Il s’agit d’eau pure filtrée par les plantes de nos montagnes. »
Une table gastronomique et un dîner d’exception
L’heure est ensuite au régal des papilles, ou plutôt à la Table expérience. La soirée commence en cuisine avec le chef Jean-Paul Acker, récemment étoilé, pour le rituel de l’« instant caviar », première étape d’un dîner riche en saveurs.
Nous rejoignons ensuite le restaurant gastronomique Le Feuillage, distingué d’une étoile au Guide Michelin 2025 et de deux Toques au Gault & Millau 2024. À table, les plats s’enchaînent avec générosité : canard, homard bleu au barbecue, bœuf d’Alsace… Mon menu Dégustation fait la part belle à la viande et au poisson, tandis que l’option Potagère, choisie par ma voisine de table, semble tout aussi séduisante et un peu plus légère.
Quand arrive l’imposant plateau de fromages, je n’ai déjà plus très faim. Pourtant, la gourmandise l’emporte encore, jusqu’au dessert : un biscuit à la crème de noix de coco, recouvert d’un voile de fraise et accompagné d’un sorbet à la coriandre.
Balade en forêt, spa et soin Rêve de satin
Le lendemain, nous poursuivons l’expérience avec une balade matinale guidée dans les environs. Le guide nous parle de l’évolution de la biodiversité locale, nous apprend à reconnaître les traces laissées par les habitants de la forêt et nous invite à faire une pause dans un hamac suspendu entre deux arbres pour écouter les sons du lieu et respirer l’air frais.
De retour à La Cheneaudière, je consacre quatre heures au spa et teste presque tout. Dans le sauna à 90°C, malgré la chaleur intense, je perds rapidement la notion du temps, absorbée par la contemplation de la forêt. La plupart des installations sont en extérieur ou offrent une ouverture directe sur le paysage, ce qui renforce encore la sensation d’évasion.
Installée dans un Cocon de La Cheneaudière, je lis paisiblement, enveloppée dans une bulle de sérénité. Plus tard, allongée sur un matelas flottant dans une forêt artificielle plongée dans le noir et constellée d’étoiles au plafond, je manque de m’assoupir avant de passer à mon soin Rêve de satin.
La praticienne commence par un gommage complet du corps avec un sorbet exfoliant à la framboise. Je me laisse ensuite guider vers la seconde étape : l’enveloppement. Une chantilly corporelle légère, douce et parfumée à la framboise est appliquée sur un lit chauffant d’ordinaire réservé aux thalassos. Là encore, le temps semble suspendu.
Je termine cette journée avec mon livre et un verre de bulles dans le jacuzzi de la terrasse, avant de rejoindre les autres au Chêne, le second restaurant de La Cheneaudière, à l’esprit plus bistronomique. Le souvenir de mon week-end difficile commence enfin à s’effacer.
Kraxenofen et flotarium pour un ultime moment de bien-être
Le mercredi, j’entame la dernière journée de ce séjour idyllique avec une séance de kraxenofen. Il ne s’agit pas d’un médicament, mais d’un sauna vapeur au foin chauffé à 45°C. « Cette température fait que même les personnes qui souffrent de jambes lourdes et ne supportent pas bien la chaleur tolèrent ce soin », m’avait-on expliqué auparavant.
Seule dans la pièce privatisée, je m’installe dans une alcôve tandis que le foin libère « un actif spécifique qui va permettre de relâcher toutes les tensions et toxines du corps ». L’odeur est particulière, sans être désagréable, et les vingt minutes passent finalement très vite. Détendue mais impatiente de me rafraîchir, je me dirige alors vers le flotarium.
La surprise est totale en découvrant, dans une grande pièce à la lumière tamisée, un bassin carré de belle dimension. Avec une autre journaliste, je m’immerge dans l’eau salée conçue pour reproduire les bienfaits de la mer Morte grâce à quatre tonnes de sel d’Epsom, censées détoxifier l’organisme et le tonifier. En plongeant mes oreilles dans l’eau, je remarque que de la musique douce y est diffusée, parfaite pour accompagner ce voyage immersif.
Pendant une trentaine de minutes, nous flottons en silence, perdues dans nos pensées. Les promesses de cette expérience sont nombreuses : peau douce, meilleur sommeil, système immunitaire renforcé, réduction des tensions et du stress, soulagement des articulations. Si je n’étais pas malade à mon arrivée, j’en ressors douce et parfaitement détendue.