# Modi seul en lice Hindou se maintient face à l’opposition
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## Opposition menacée
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L’opposition en Inde accuse le Premier ministre Narendra Modi et son ministre de l’Intérieur, Amit Shah, de comploter méticuleusement pour encercler leurs adversaires politiques. Le parti au pouvoir, Bharatiya Janata, cherche à remporter les élections actuelles, tandis que les chefs de l’opposition sont soit emprisonnés, soit craignant chaque nuit que les agences de sécurité fouillent leurs maisons et leurs bureaux, avant de les convoquer pour interrogatoire, ce qui se termine souvent par un emprisonnement.
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Ces agences, initialement créées pour lutter contre l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent, la corruption et le terrorisme, sont désormais selon l’opposition, des outils entre les mains de Modi pour étendre son influence et intimider ses opposants politiques.
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## Procès contre l’opposition
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En mars 2023, une décision judiciaire rapide a été rendue contre un des principaux leaders de l’opposition, Rahul Gandhi, chef du parti historique du Congrès. Le jugement a condamné Rahul Gandhi à deux ans de prison pour des propos injurieux envers Modi, durée suffisante pour annuler son mandat de député. Le président du parlement aurait pu le réprimander ou suspendre son adhésion pour une courte période, mais le gouvernement de Modi a exploité l’opportunité pour obtenir cette décision de la Haute Cour de Gujarat.
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Rahul Gandhi a pu contester cette décision, et la Haute Cour de Delhi l’a réintégré au parlement. Selon le journaliste et analyste politique Zafar Islam Khan, Rahul Gandhi soulève à la fois au parlement et en dehors les questions relatives à la corruption et à la dictature du gouvernement Modi.
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Bhaskara Rao, président du Centre d’études médiatiques basé à New Delhi, a déclaré à Al Jazeera English que les sondages montrent qu’il n’y a aucune garantie pour des élections libres et équitables, car les campagnes électorales prolongées profitent au parti au pouvoir.
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## Manipulation des institutions
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Les activistes des droits de l’homme et l’opposition accusent le gouvernement Modi d’utiliser la justice pour atteindre des objectifs politiques. Selon l’ONG américaine « Freedom House », le Bharatiya Janata Party utilise de plus en plus les institutions gouvernementales pour attaquer les opposants politiques.
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Zafar Islam Khan cite l’exemple de l’accusation contre la députée Mahua Moitra, qui critiquait avec audace et preuves le gouvernement. Sa suspension du parlement a eu lieu en décembre 2023. Moitra a fait appel à la cour suprême mais le mandat actuel du parlement a expiré.
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L’opposition accuse également Modi de neutraliser ses adversaires du parlement. En décembre, le président du parlement a suspendu 141 députés de l’opposition après une protestation au sein du parlement, permettant ainsi à Modi de faire passer plusieurs lois.
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Les opposants affirment que Modi a acheté le soutien de plus de 444 membres du parlement et des assemblées législatives des États, en utilisant des agences gouvernementales pour intimider certains députés afin qu’ils rejoignent son camp en échange de l’abandon des accusations portées contre eux.
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## Accusations et Réactions
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Le parti au pouvoir nie ces accusations et affirme que l’opposition reçoit des fonds illégaux de businessmen comme Mukesh Ambani et Gautam Adani pour financer leurs campagnes électorales.
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Selon la défense des partis d’opposition, 95% des raids des agences de sécurité sous Modi visaient les leaders de l’opposition. Certains, pour éviter les ennuis, ont choisi de rejoindre le parti de Modi, annulant ainsi les charges contre eux. D’autres restent en détention ou font face à des procès.
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L’une des affaires les plus notables est l’arrestation de Hemant Soren, le ministre en chef de l’État de Jharkhand, pour corruption en février 2024, suivi de celle du ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, en mars 2024. Soren a démissionné avant son arrestation, tandis que Kejriwal a été relâché temporairement pour participer aux élections générales.
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Les anciens ministres de Delhi, Manish Sisodia et Satendar Jain, sont en prison sans preuves concluantes de leur implication dans des affaires de corruption.
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## Tactiques fiscales
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Zafar Islam Khan souligne une attaque fiscale sans précédent contre le parti du Congrès, avec l’envoi d’une facture de 3567 millions de roupies (43 millions de dollars) pour retard dans la soumission des déclarations fiscales. Les comptes du parti ont été gelés, impactant sévèrement leurs finances avant les élections.
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Le BJP, dirigé par Modi, a capté la majorité des « obligations électorales », malgré leur annulation par la Cour suprême en février dernier.
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L’Enforcement Directorate, une des agences les plus puissantes, a reconnu avoir enregistré 5906 affaires entre 2005 et 2023, mais seulement 0,42% se sont soldées par des condamnations. De 2014 à 2022, 121 politiciens ont été ciblés, dont 95 % issus de l’opposition.
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## Démocratie en déclin
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Les dix dernières années du régime de Modi ont été marquées par le recul des valeurs démocratiques, la marginalisation des musulmans et des libéraux. Les observateurs internationaux considèrent que l’Inde n’est plus une démocratie mais une « autocratie électorale ».
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Les experts politiques affirment que les élections de 2024 seront révélatrices de l’état de la liberté et de l’équité du processus politique en Inde.
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Modi nie toute répression contre ses adversaires et affirme qu’il ne politise pas les questions religieuses. En réponse aux critiques, Modi a déclaré : « Le jour où je commencerai à parler des Hindous ou des Musulmans en politique sera le jour où je perdrai ma capacité à diriger la scène publique. »
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