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    Impact du cessez-le-feu à Gaza sur la stratégie iranienne

    Palestine, Iran, USA

    Impact du cessez-le-feu à Gaza sur la stratégie iranienne

    Le cessez-le-feu à Gaza marque un tournant significatif dans le contexte de la question palestinienne, dont les répercussions s’étendent au-delà des frontières du territoire assiégé, influençant des équilibres régionaux et internationaux, notamment dans les dossiers sensibles liés à l’Iran.

    Bien qu’l’Iran place le soutien à la résistance palestinienne au cœur de sa politique régionale, il se trouve à un tournant décisif quant à la manière d’exploiter cette trêve au profit de ses grandes stratégies.

    Le dossier nucléaire iranien, actuellement en cours de négociations avec les grandes puissances, constitue l’un des principaux défis auxquels Téhéran fait face à ce moment précis, surtout avec la possibilité de reprendre les pourparlers avec la prochaine administration Trump.

    Parallèlement, l’Iran cherche à réorganiser ses relations avec les Européens dans le cadre de l’accord nucléaire, en mettant particulièrement l’accent sur les enjeux sécuritaires et économiques.

    Concernant les relations de l’Iran avec les pays arabes, les évolutions à Gaza pourraient ouvrir la voie à une réévaluation des positions régionales de Téhéran, surtout en vue des tentatives d’amélioration des relations avec certaines nations du Golfe, face à des défis communs.

    En ce qui concerne le positionnement régional de l’Iran, son rôle au Moyen-Orient demeure central dans la politique iranienne, mais cet accord pourrait l’amener à des choix délicats pour renforcer son influence dans la région ou adopter des positions plus flexibles en réponse aux nouvelles transformations.

    Fin des guerres

    Le professeur de sciences politiques, Mustafa Najafi, estime que le cessez-le-feu à Gaza peut offrir une occasion propice pour réduire les conflits et les tensions régionales. Il ajoute que si la guerre à Gaza se termine, elle pourrait impacter d’autres centres de conflit, d’autant plus que Donald Trump a annoncé son intention de mettre fin aux guerres dans la région.

    Dans son entretien, il a déclaré que l’approche de l’administration Trump envers le Moyen-Orient, l’Iran, les ambitions de Netanyahu et de l’extrême droite en Israël, en plus des droits des Palestiniens, pourrait conduire à une situation radicalement différente.

    Si Trump opte pour une politique stricte envers l’Iran, en s’alignant sur les ambitions militaires et sécuritaires d’Israël tout en ignorant les droits des Palestiniens et en adoptant une posture hostile envers le axe de la résistance, la région sera sans aucun doute confrontée à une nouvelle phase d’instabilité, voire à une guerre totale, selon Najafi.

    Malgré les récentes campagnes médiatiques dans les milieux « sionistes » et occidentaux qui prétendent à sa faiblesse, la République islamique d’Iran, comme l’explique le même intervenant, s’est préparée à ces deux scénarios, étant prête à soutenir des voies politiques qui contribuent à apaiser les tensions et à se défendre contre toute action visant ses intérêts.

    Pérennité des changements

    Concernant les dossiers régionaux de l’Iran, l’expert politique Rozbeh Alamdar a souligné deux points dans son entretien :

    • La situation n’a pas atteint une stabilité politique, et les mouvements et changements de positions des acteurs continuent, rendant difficile de porter un jugement sur l’avenir de la puissance au Moyen-Orient.
    • La nature de l’influence de Téhéran dans la région est intellectuelle et morale; contrairement à certains autres acteurs, le recours à des forces par procuration n’a jamais été une de ses méthodes.

    Il a également noté que les nécessités ayant conduit à la présence militaire ont créé une perception selon laquelle les alliés de l’Iran souffrent actuellement de pressions militaires et de pertes, ce qui signifierait un recul de son influence.

    Évoquant l’ascension de Trump à ce stade, Alamdar a précisé que, bien que la région soit devenue plus difficile après le 7 octobre, il existe des différences par rapport à son second mandat :

    • Les relations entre l’Iran, l’Arabie Saoudite et les États du Golfe se sont améliorées à ce stade.
    • Le président Bezhikian et son gouvernement ont démontré une approche positive et ouverte au dialogue, éliminant ainsi les prétextes à l’escalade, tandis que les négociations avec l’Europe ont commencé et se poursuivent de manière constructive.
    • Il est devenu évident pour Trump que ses précédentes méthodes, telles que la « pression maximale » via des sanctions et diverses pressions, n’ont pas eu d’impact, et qu’il doit repenser son approche.

    Une puissance suffisante

    D’autre part, la chercheuse politique Afifa Abadi a déclaré que le cessez-le-feu qui a débuté aujourd’hui à Gaza était une demande de l’Iran tout au long des 15 derniers mois.

    Concernant la Syrie et les développements qui ont suivi la chute de Bachar Al-Assad, Abadi a expliqué à Al Jazeera que la perception en Iran diffère du récit occidental selon lequel elle aurait reculé suite à la perte de la Syrie. L’Iran estime que la Syrie est maintenant hors de ses priorités stratégiques et représente un fardeau coûteux pour ses concurrents.

    Elle considère que la Syrie demeure un champ de conflit parmi les ennemis de l’Iran, Israël continuant à ressentir de l’insécurité vis-à-vis de la Syrie, tout comme la Turquie et les États-Unis. Cela pourrait accentuer la lutte pour l’influence entre ces parties. Ces conditions, ajoute-t-elle, permettent à l’Iran de surveiller les coûts supportés par ses concurrents et ennemis en Syrie.

    De plus, l’Iran considère que sa présence en Syrie visait à combattre Daech et à garantir la sécurité des lieux saints, et non seulement à soutenir le régime de Bachar Al-Assad. Avec le retour de la menace de l’émergence de Daech en Syrie, ce risque pourrait davantage entraîner une lutte pour l’influence entre la Turquie, les États-Unis, Israël et d’autres acteurs régionaux, rendant ses coûts directs éloignés de l’Iran.

    Selon la même chercheuse, l’Iran pense qu’en raison des différentes options dont elle dispose, elle détient toujours une puissance suffisante pour négocier afin d’atteindre un accord nucléaire équitable. Les indications, selon elle, montrent que les deux parties, américaine et européenne, manifestent un intérêt croissant à négocier avec l’Iran.

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