Le projet hydraulique de La Colada en Andalousie suscite une vive polémique entre la Junta de Andalucía et la Confederación Hidrográfica del Guadiana (CHG). Alors que la région andalouse souhaite finaliser la connexion entre les réservoirs de La Colada et Sierra Boyera, la CHG maintient son opposition, affirmant que l’ouvrage déjà réalisé est une solution définitive et suffisante.
Déclaration ferme de la Confederación Hidrográfica del Guadiana
Samuel Moraleda, président de la CHG, a réitéré sa position lors d’une interview à Radio Luna Ser de Villanueva de Córdoba. Il a insisté sur le fait que « l’ouvrage d’urgence réalisé est une œuvre définitive qui a résolu le problème ». Selon lui, il ne s’agit pas d’un bras de fer politique mais d’une analyse technique objective basée sur la viabilité environnementale, technique et économique.
Moraleda avait déjà exprimé ses réserves en octobre dernier, au moment où la Junta avait attribué à l’entreprise Jicar le contrat pour achever cette connexion interrompue depuis 2009. En réponse aux critiques de la Junta concernant l’absence d’objections formelles de la CHG lors de l’enquête publique du projet, il a souligné que « pour un projet relevant de la compétence de l’organisme de bassin, il serait raisonnable d’exiger un avis formel, une simple exposition publique ne suffit pas ».
Il a également rappelé que lors de la demande de concession d’eau faite par la Diputación de Córdoba en juin dernier, le projet présenté par la Junta « ne prenait en aucun cas en compte les travaux précédemment réalisés par la Confédération », même si des plans ultérieurs semblaient indiquer une jonction entre les nouvelles structures et celles existantes.

Échanges techniques et désaccords historiques
Malgré les affirmations de la CHG, des documents techniques échangés en 2002 révèlent un dialogue soutenu entre la Junta, la Diputación de Córdoba et la Confédération du Guadiana. Ces communications, impliquant notamment le bureau d’ingénierie IDOM Consulting et un fonctionnaire de la Direction Technique de la CHG, montrent une collaboration autour des détails des deux projets et une validation implicite de l’intervention de la Junta.
IDOM Consulting avait adressé plusieurs questions à la CHG, à la Confédération du Guadalquivir et à Acuaes, l’agence publique responsable du barrage de La Colada. Acuaes avait répondu et intégré ses remarques dans la conception, tandis que la CHG n’avait pas fourni de retour officiel.
En septembre, un courrier électronique d’un responsable technique de la CHG témoignait même d’un consensus avec les techniciens de la Junta et de la Diputación, déclarant : « Je trouve la proposition correcte pour finaliser le projet et, en principe, il ne devrait rester aucun point en suspens qui n’ait pas été résolu lors de la phase d’urgence ». Ce message avait été révélé lors d’une session plénière par Salvador Fuentes, président de la Diputación.
Perspectives et réponses officielles
Malgré ces échanges, les positions restent figées. Les services juridiques et techniques de la Consejería de Agricultura y Pesca travaillent actuellement à une réponse au rapport technique de la Confédération. Ils disposent d’un délai maximal de dix jours pour déposer leurs observations, qui seront ensuite examinées par l’Avocat de l’État avant que la CHG ne rende sa décision finale quant au rejet ou à l’acceptation des travaux proposés par la Junta.
Les deux administrations, toutes deux gérées par le Parti Populaire, se retrouvent face à un dilemme : retirer le projet face au refus catégorique de la Confédération, poursuivre les négociations, ou défendre la validité des travaux qui viennent parachever ceux commencés avant 2009.
