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    Tensions commerciales USA-Suisse : Keller-Sutter en mission à Washington

    Suisse, États-Unis, Norvège

    Alors que la Suisse engage des discussions délicates à Washington pour tenter d’atténuer les tensions commerciales avec les États-Unis, le fait que la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter ne soit pas reçue à la Maison-Blanche suscite questions et inquiétudes quant à la place de la Confédération dans ce bras de fer économique.

    La présidente suisse Karin Keller-Sutter (à gauche) et le ministre de l'économie Guy Parmelin lors d'une conférence de presse sur les droits de douane américains, le 3 avril 2025 à Berne.
    La présidente suisse Karin Keller-Sutter (à gauche) et le ministre de l’économie Guy Parmelin lors d’une conférence de presse sur les droits de douane américains, le 3 avril 2025 à Berne.

    Des négociations commerciales en cours à Washington

    La présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter et le ministre de l’économie Guy Parmelin sont actuellement à Washington pour discuter avec des membres de l’administration américaine de possibles offres visant à résoudre le différend commercial. Parmi leurs interlocuteurs figure notamment Scott Bessent, ministre des Finances sous Donald Trump, ainsi que Jamieson Greer, représentant au commerce, rencontré mercredi par Parmelin.

    Les résultats de ces entretiens ne seront communiqués que jeudi, avec une mise à jour intermédiaire attendue. Toute décision finale dépendra cependant du président américain, qui n’a pour l’heure pas prévu de recevoir officiellement la délégation suisse à la Maison-Blanche.

    Un accès privilégié accordé à la Norvège

    En parallèle, la Norvège, également un petit pays européen riche hors de l’Union européenne, bénéficie d’un traitement différent. Le jeudi suivant verra le Premier ministre Jonas Gahr Støre et le ministre des Finances Jens Stoltenberg rencontrer Donald Trump à la Maison-Blanche, faisant d’eux la troisième délégation européenne à être reçue officiellement.

    Selon Marianne Riddervolg, professeure à l’Institut norvégien des affaires étrangères à Oslo, les Norvégiens chercheront à convaincre Trump de réduire les droits de douane punitifs. Les États-Unis imposent un tarif de 15 % sur les importations norvégiennes, bien inférieur aux 31 % auxquels la Suisse est confrontée.

    Un levier militaire comme atout norvégien

    Le rôle stratégique de la Norvège en matière de défense explique en grande partie son accès à la Maison-Blanche. Trump souhaite en effet sécuriser l’Arctique face à la Russie et à la Chine, justifiant notamment son projet d’intégrer le Groenland aux États-Unis. Membre de l’OTAN, la Norvège s’est engagée à contribuer à la stabilité post-conflit en Ukraine.

    Jens Stoltenberg, ancien secrétaire général de l’OTAN, entretient par ailleurs une relation personnelle avec Trump, qu’il met à profit dans ces négociations. Malgré l’avancée rapide des pourparlers avec le Japon et l’Inde également, certains diplomates restent prudents, rappelant que les accords commerciaux nécessitent un travail technique approfondi avant tout engagement officiel.

    Par ailleurs, un risque majeur demeure : un conflit commercial plus large qui pourrait entraîner des répercussions sur les échanges avec l’Union européenne, principale partenaire commerciale de la Norvège. Marianne Riddervolg souligne l’importance pour Oslo de coordonner étroitement ses discussions avec Bruxelles, notamment face au retrait progressif des États-Unis du cadre sécuritaire européen.

    La stratégie suisse : investissements et coopération renforcée

    Face à cette situation, la Suisse envisage différentes pistes pour débloquer la situation. L’exécutif examine notamment la possibilité d’inclure des projets de défense dans un éventuel compromis destiné à apaiser les tensions tarifaires. Une coopération accrue en matière de formation professionnelle est également envisagée, tout comme un assouplissement des barrières commerciales, notamment sur les produits agricoles, même si l’opposition des agriculteurs suisses limite les marges de manœuvre.

    Un argument de poids avancé par la Suisse réside dans les investissements massifs des grandes entreprises pharmaceutiques sur le sol américain : Novartis prévoit un engagement d’environ 21 milliards d’euros, Roche autour de 46 milliards, tandis que Barry Callebaut et ABB s’engagent aussi à créer des emplois aux États-Unis. Ce paquet d’investissements vise à constituer un levier solide, susceptible de convaincre l’administration Trump de revoir sa position sur les droits de douane suisses.

    À titre de comparaison, lors de sa visite à la Maison-Blanche, la Première ministre italienne Giorgia Meloni avait annoncé 9 milliards d’euros d’investissements aux États-Unis.

    Questions politiques et consultations parlementaires

    Des membres des commissions des affaires étrangères du Parlement suisse ont exprimé leur étonnement de ne pas avoir été consultés avant le départ des conseillers fédéraux pour Washington, alors que la loi impose une consultation préalable avant la fixation d’un mandat pour des négociations importantes. Les autorités fédérales assurent toutefois que la législation est respectée, ce qui laisse penser que les entretiens restent pour l’instant à un stade exploratoire.

    Par ailleurs, la décision du Conseil fédéral de différer indéfiniment la régulation des plateformes technologiques telles que Facebook et X, afin de ménager les relations avec les États-Unis, suscite des interrogations sur les concessions faites sans contrepartie tangible. Certains parlementaires se demandent si la Suisse ne cède pas trop facilement ses atouts, offrant des gestes gratuits dans une négociation où elle pourrait mieux défendre ses intérêts.

    Vers une ouverture des discussions grâce aux investissements

    Avant toute chose, la délégation suisse devait réussir à engager le dialogue avec les autorités américaines. Les annonces récentes d’investissements conséquents ont servi de clé d’entrée, permettant notamment à Guy Parmelin d’obtenir un rendez-vous avec Jamieson Greer, représentant au commerce américain.

    Tensions Commerciales Usa Suisse | Suisse | États-unis | Commerce International | Tensions Commerciales | Trump | Washington | Politique Économique | Investissments Pharmaceutiques | Zollstreit | Norvège
    source:https://www.tagesanzeiger.ch/handelsstreit-mit-trump-auf-schwieriger-mission-in-washington-123937581160

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