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    Khan Suri : les activistes réclament sa libération aux États-Unis

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    Khan Suri : les activistes réclament sa libération aux États-Unis

    “Libérez-le maintenant. Libérez-le maintenant.” Ces mots résonnaient jeudi devant un tribunal fédéral près de Washington, DC, alors que les avocats débattaient du cas de Badar Khan Suri, détenu par le gouvernement américain en raison de son soutien aux droits palestiniens.

    Un rassemblement de solidarité à Alexandria

    Des dizaines d’activistes s’étaient réunis pour soutenir Badar Khan Suri, chercheur postdoctoral à l’Université de Georgetown. Arrêté en mars dans le cadre de la campagne du président Donald Trump visant à punir et expulser les non-citoyens accusés d’alimenter “l’antisémitisme” et les “manifestations illégales” sur les campus universitaires.

    Mapheze Saleh, épouse palestino-américaine de Khan Suri, a souligné l’impact de sa détention sur leurs trois enfants, affirmant qu’ils voulaient simplement retrouver leur père.

    “Pourquoi cela lui arrive-t-il ? Pourquoi l’administration Trump le persécute-t-elle ? Parce qu’il est tombé amoureux et a épousé une Palestinienne, parce qu’il a osé exprimer sa foi en la non-violence et parce qu’il a courageusement dénoncé le génocide de mon peuple à Gaza.”

    Accusations sans preuves et enjeux juridiques

    Avant sa détention, Khan Suri était aux États-Unis avec un visa académique, menant des recherches sur la construction de la paix en Irak et en Afghanistan. Le gouvernement américain l’accuse d’avoir “activement diffusé la propagande du Hamas et promu l’antisémitisme sur les réseaux sociaux”, sans fournir de preuves.

    Amanda Eisenhour, activiste d’Alexandria, a déclaré qu’il s’agissait d’une affaire mêlant liberté d’expression, droits constitutionnels et “tyrannie” du système d’immigration américain, tout en soulignant que “Dr Khan Suri est un prisonnier politique en raison de ses liens, de son mariage avec une Palestinienne.”

    Débat sur le lieu de détention et la juridiction

    Après son arrestation en Virginie, Khan Suri a été transféré d’un centre de détention local vers des établissements en Louisiane puis au Texas. Les critiques dénoncent cette stratégie visant à éloigner les détenus de leurs familles et avocats, soulignant aussi la tendance plus conservatrice des tribunaux dans ces États.

    Les avocats de Khan Suri plaident pour son retour en Virginie, où se déroule son procès, afin de faciliter l’accès à ses conseils juridiques et à sa famille. En revanche, l’administration Trump demande le transfert du dossier au Texas.

    Le juge Patricia Tolliver Giles a exigé des explications sur le transfert rapide de Khan Suri hors de Virginie et a donné 24 heures pour une réponse.

    Un cas emblématique sous une législation controversée

    Depuis le début de son second mandat, Trump, via le secrétaire d’État Marco Rubio, a révoqué les visas de centaines d’étudiants étrangers impliqués dans des manifestations ou critiques d’Israël. Pour justifier l’expulsion de Khan Suri, Rubio se réfère à une loi de 1952 autorisant l’expulsion de non-citoyens présentant des “conséquences étrangères potentiellement graves” pour les États-Unis.

    Khan Suri n’a pas été inculpé, mais est accusé d’avoir des “liens avec un terroriste connu ou suspecté” : son beau-père Ahmed Yousef, ancien conseiller d’un leader du Hamas, qu’il n’a plus soutenu depuis plusieurs années.

    Des experts juridiques rappellent que les liens familiaux ne constituent pas un motif pénal ni une raison valable pour une expulsion.

    Droits constitutionnels et liberté d’association

    Hassan Ahmad, avocat de Khan Suri, souligne que l’affaire dépasse la liberté d’expression pour toucher aussi la liberté d’association garantie par la Constitution. Il dénonce une persécution basée uniquement sur les relations personnelles, une situation “qui ne correspond pas à l’Amérique que nous voulons.”

    Eden Heilman, directrice juridique de l’ACLU de Virginie, qualifie de “très effrayante” la perspective d’expulsions fondées sur des connexions personnelles, soulignant que cela marque une menace inédite pour les droits constitutionnels.

    Un usage des réseaux sociaux pour dénoncer les atrocités

    Les comptes sur les réseaux sociaux attribués à Khan Suri ne montrent aucun soutien direct au Hamas ni hostilité envers les Juifs. Au contraire, il y dénonce les atrocités israéliennes à Gaza et met en lumière des crimes de guerre présumés contre les Palestiniens.

    En octobre 2023, il écrivait : “Israël bombarde des hôpitaux à Gaza pour rendre la terre inhabitable, afin de pousser les Palestiniens à migrer vers le désert du Sinaï.”

    Par ailleurs, Donald Trump a appelé à l’expulsion de tous les Palestiniens de Gaza, un plan qualifié par les défenseurs des droits humains comme un nettoyage ethnique.

    Une situation qualifiée de kafkaïenne

    Le député démocrate Don Beyer, représentant du district où vivait Khan Suri, a assisté à l’audience pour montrer son soutien. Il a dénoncé l’arrestation “sans raison, sans reconnaissance, sans logique, sans inculpation” et la détention dans une prison éloignée au Texas.

    Anita Martineau, habitante de Virginie du Nord et participante à la manifestation, a insisté sur le caractère inconstitutionnel de la détention pour des opinions. Elle appelle à l’unité de tous, citoyens ou résidents, pour défendre leurs droits.

    Mobilisation continue pour la libération de Khan Suri

    Melissa Petisa, activiste du groupe Alexandria for Palestinian Human Rights, a également exigé la “libération immédiate” de Khan Suri. Elle dénonce la stratégie de Trump visant à cibler les étudiants pour détourner l’attention de l’escalade des violences à Gaza.

    “Nous sommes ici pour montrer notre solidarité avec Dr Suri, mais aussi avec la Palestine,” a-t-elle déclaré.

    source:https://www.aljazeera.com/news/2025/5/2/a-political-prisoner-us-advocates-rally-for-detained-georgetown-scholar

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