Après la disparition du pape François le 21 avril dernier, les cardinaux se sont réunis en conclave pour désigner son successeur. En quatre tours de vote sur deux jours, un nouveau nom a émergé : Léon XIV, élu souverain pontife le 8 mai. Premier pape américain, il détient également la double nationalité péruvienne, une particularité qui soulève une question inédite quant à sa fiscalité.
Léon XIV, premier pape américain : une situation fiscale inédite
Le Figaro s’interrogeait récemment : le nouveau pape devra-t-il payer des impôts aux États-Unis ? Jusqu’à présent, aucun souverain pontife n’a jamais été soumis à la taxation, notamment parce qu’un pape ne perçoit aucun salaire, contrairement aux cardinaux. Mais Léon XIV, en tant que citoyen américain, se trouve dans une situation nouvelle. En effet, les États-Unis imposent tous leurs citoyens, même s’ils résident à l’étranger.
Cette politique fiscale américaine concerne tous ceux qui bénéficient de la nationalité américaine, y compris par simple droit du sol, même sans avoir jamais vécu sur le territoire. L’Internal Revenue Service (IRS) suit de près les revenus et comptes bancaires des expatriés partout dans le monde, ce qui complique la situation du pape Léon XIV.
Vers une déclaration fiscale obligatoire, voire un paiement d’impôts ?
Le Washington Post a consulté plusieurs experts pour clarifier cette situation. Selon eux, il est peu probable que Léon XIV ait à payer des impôts, mais il devra en revanche remplir une déclaration fiscale américaine. Cette déclaration nécessitera notamment de mentionner le logement de fonction qu’il occupe, bien que cet avantage doive être exempté de taxation.
Les spécialistes indiquent que le pape aura besoin de l’aide de professionnels pour gérer sa déclaration fiscale : “Il aura probablement besoin d’un comptable pour déterminer comment convertir ces avantages en revenus pour sa déclaration fiscale américaine”, souligne le Washington Post. Toutefois, le vice-président de la Tax Foundation estime que Léon XIV pourrait en définitive devoir payer des impôts aux États-Unis.
Un pape modéré confronté à des démarches administratives complexes
Le vice-président de la Tax Foundation évoque également la possibilité que le pape reçoive prochainement un courrier de l’IRS afin d’éclaircir sa situation fiscale particulière. Certains experts suggèrent que le Congrès américain pourrait adopter une clause spécifique pour le cas unique de Léon XIV.
Âgé de 69 ans, le nouveau souverain pontife, auparavant connu sous le nom de Mgr Prevost, a passé vingt ans au Pérou, où il a mené une importante mission pastorale. Il est archevêque émérite de Chiclayo, dans le nord du pays. Connu pour son tempérament modéré, Léon XIV souhaite rassembler l’Église tout en adaptant son message aux réalités contemporaines.
“Le message est toujours le même (…) mais le moyen d’atteindre les gens d’aujourd’hui, les jeunes, les pauvres, les politiques, est différent”, déclarait-il. Après le décès du pape François, il avait affirmé : “Nous ne pouvons pas nous arrêter, nous ne pouvons pas revenir en arrière.”
