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Plan Trump sur l’Ukraine : Kiev et ses alliés au G20

par charles
Ukraine

Des dirigeants européens et Kiev s’efforcent de répondre au plan présenté par Donald Trump lors du sommet du G20, perçu comme une proposition susceptible de redessiner les enjeux du conflit en Ukraine. « Il faudra bien que cela lui plaise, et si cela ne lui plaît pas, alors, vous savez, ils n’auront qu’à continuer à se battre », a répliqué le président américain face au rejet par Kiev de ses propositions vues par beaucoup en Ukraine comme une capitulation, selon l’AFP. Dans ce contexte, les discussions entre capitales et Bruxelles se multiplient pour qualifier les prochaines étapes et coordonner une réponse européenne.

Plan Trump et réactions internationales au G20

Réactions européennes et russes au plan Trump

Des médias, dont l’AFP, ont publié ces propositions américaines qui reprennent plusieurs demandes formulées par le Kremlin de longue date, plaçant les Ukrainiens devant une situation présentée dans des termes très graves par le président Zelensky. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que les dirigeants européens présents à Johannesburg pour le sommet du G20 se réuniraient samedi pour examiner le sujet, selon des déclarations relayées par plusieurs agences. Parmi les échanges rapides organisés vendredi, Andriï Sybiga, le chef de la diplomatie ukrainienne, a indiqué avoir discuté avec des homologues européens, dont ceux de la France et du Royaume-Uni, des « prochaines étapes » à suivre.

La Britannique Yvette Cooper a insisté sur le fait qu’il revenait à l’Ukraine de « déterminer son avenir » et a appelé à « un cessez-le-feu complet » suivi de négociations, réaffirmant l’exigence européenne d’une solution négociée à la guerre. Tandis que les Européens, tenus à l’écart, cherchent à resserrer les rangs, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le plan américain pouvait « servir de base à un règlement pacifique définitif » du conflit engagé en 2022, et il a évoqué la possibilité que les événements dans l’est de l’Ukraine se reproduisent si Kiev refuse.

Des médias, dont l’AFP, ont publié ces propositions qui reprennent plusieurs demandes formulées par le Kremlin. « L’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile : la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé », les États-Unis, a-t-il déclaré, estimant que son pays traverse « l’un des moments les plus difficiles de (son) histoire ». Les propositions américaines augurent « une vie sans liberté, sans dignité, sans justice », a renchéri Zelensky. « Je présenterai des arguments, je persuaderai, je proposerai des alternatives », a-t-il encore dit, ajoutant : « Je ne trahirai jamais (…) mon serment de fidélité à l’Ukraine ». Ces échanges ont été relancés par des discussions téléphoniques et des déclarations publiques qui montrent l’importance des positions des partenaires européens et américains à l’approche du G20.

Dans la foulée, Zelensky s’est entretenu avec le vice-président américain JD Vance, assurant qu’il « continue(rait) de respecter » la volonté de Donald Trump de mettre fin à la guerre. Le chancelier allemand Friedrich Merz a également déclaré s’être « mis d’accord sur les prochaines étapes ». Selon le texte américain, Donetsk et Lugansk (ouest-ouest) et la Crimée annexée en 2014 seraient « reconnus de facto comme russes, y compris par les États-Unis », et Moscou recevrait d’autres territoires ukrainiens qui sont encore aujourd’hui sous le contrôle de Kiev.

La Russie verrait aussi son isolement à l’égard du monde occidental s’atténuer avec sa réintégration au G8 et la levée progressive des sanctions, ainsi que son souhait d’éloigner à jamais Kiev de l’Alliance atlantique entériné dans la Constitution ukrainienne. Kiev devrait limiter son armée à 600 000 militaires et se contenter d’une protection par des avions de combats européens basés en Pologne, tandis que l’Otan s’engagerait à ne pas stationner de troupes en Ukraine. Selon un responsable américain, les garanties de sécurité de Washington et de ses alliés seraient équivalentes à celles de l’Otan en cas de future attaque.

Ces assurances n’ont pas suffi à convaincre de nombreux Ukrainiens, qui entrent dans un nouvel hiver de guerre, soumis à des bombardements quotidiens. « Il est clair que tout ça n’a rien de bon pour l’Ukraine. Nous devons simplement nous battre, lutter. Il n’y a pas d’autre solution », a estimé Volodymyr Oleksandrovytch, un retraité de 75 ans interrogé à Kiev.

Photos AFP montrant les discussions diplomatiques

Éléments opérationnels et prochaines étapes

Plusieurs éléments du plan concernent l’organisation militaire et les garanties de sécurité, notamment la notion que Kiev limiterait son armée et que les troupes de l’Otan ne seraient pas stationnées sur le territoire ukrainien. Cette approche est présentée comme une condition pour une éventuelle coopération renforcée avec les alliés européens, tout en conservant des mécanismes de sécurité alignés sur ceux de l’Otan, selon les documents évoqués par les agences de presse.

Le plan suscite des réactions variées au sein de l’opinion publique ukrainienne, certains rappelant les coûts humains et les risques politiques d’un compromis perçu comme trop favorable à Moscou. Le récit de cette crise demeure marqué par des actes sur le terrain, comme une frappe sur un immeuble résidentiel de Ternopil, dans l’ouest du pays, qui a fait 32 morts dont six enfants, selon un nouveau bilan. Un retraité rencontré à Kiev a résumé la tension ambiante: « Il est clair que tout ça n’a rien de bon pour l’Ukraine. Nous devons simplement nous battre, lutter. »

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