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    Al-Sharaa appelle à la paix face à l’agression israélienne

    Syrie, Israël, Qatar, Palestine

    Lors d’une interview menée au Doha Forum, le président syrien Ahmed al-Sharaa a accusé Israël d’attiser les tensions régionales et de fabriquer des menaces extérieures pour détourner l’attention des « massacres horribles » commis à Gaza. Il a affirmé que les dirigeants israéliens exportent régulièrement des crises vers d’autres pays en invoquant des prétextes de sécurité pour étendre leurs actions militaires.

    Al-Sharaa a critiqué l’usage constant des préoccupations sécuritaires par Israël, évoquant en particulier les répercussions d’octobre 7 qui, selon lui, sont extrapolées pour justifier de nouvelles opérations. Dans ce contexte de « Syrie — Israël tensions », il a appelé à la paix et au retrait israélien aux positions antérieures à la chute du régime d’al-Assad.

    Accusations et contexte militaire

    Al-Sharaa a déclaré : « Ils justifient tout, en utilisant leurs préoccupations sécuritaires, et ils prennent le 7 octobre et l’extrapolent à tout ce qui se passe autour d’eux ». Il a ajouté : « Israël est devenu un pays qui se bat contre des fantômes ». Ces propos s’inscrivent dans un contexte d’escalade depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

    Selon al-Sharaa, depuis cette date, Israël a multiplié les frappes aériennes en Syrie et mené des opérations terrestres dans le sud, faisant des centaines de victimes. Le président syrien a dénoncé les violations massives de l’espace aérien syrien et la « violence extrême » dont son pays a été la cible.

    Incidents récents et détentions

    Al-Sharaa a fait état d’opérations israéliennes de plus en plus profondes sur le territoire syrien, avec des postes de contrôle installés et des détentions illégales de citoyens syriens à l’intérieur d’Israël. Il a cité plusieurs événements récents :

    • Des frappes aériennes fréquentes à travers la Syrie, entraînant des centaines de morts.
    • Des opérations au sol dans le sud du pays.
    • La mort d’au moins 13 personnes le mois dernier dans la localité de Beit Jinn, en périphérie de Damas.

    Ces actions, selon lui, visent à maintenir une pression constante et à fragiliser la stabilité régionale.

    Accord de désengagement de 1974 et proposition de zone tampon

    Al-Sharaa a réclamé le retrait d’Israël aux positions qu’elle occupait avant la chute d’al-Assad et l’application de l’accord de désengagement de 1974, qui instaura un cessez-le-feu après la guerre du Yom Kippour et une zone tampon surveillée par l’ONU sur le plateau du Golan occupé.

    Il a mis en garde contre les tentatives de remplacer cet accord par de nouveaux arrangements, comme une zone tampon démilitarisée, estimant que cela risquerait de pousser la région « dans un lieu sérieux et dangereux ». Il s’est interrogé sur la responsabilité de la protection d’une telle zone si les forces syriennes y étaient présentes.

    En réponse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a évoqué la possibilité d’un accord avec la Syrie, mais en demandant la création d’une zone démilitarisée entre Damas et Jabal al-Sheikh dans le Golan occupé. Al-Sharaa a répliqué : « C’est la Syrie qui est attaquée par Israël et non l’inverse. Donc, qui a le plus de droit de revendiquer une zone tampon et un retrait ? »

    Unité nationale et mesures de réconciliation

    Sur la question de l’unité, al-Sharaa a reconnu des progrès mais aussi des défis persistants. Il a affirmé croire que « la Syrie vit ses meilleurs jours » et souligné la conscience retrouvée du pays, tout en précisant qu’aucun État, même stable, n’atteint l’unanimité totale.

    Pour favoriser la réconciliation, son administration a procédé à des pardons et tenté d’intégrer diverses factions. Il a expliqué que de nombreux Syriens « ne se connaissaient tout simplement pas bien » en raison des héritages du régime précédent, et que ces mesures visaient à construire un avenir sûr et durable pour la population.

    Al-Sharaa a aussi rejeté l’idée que le soulèvement contre al-Assad aurait été une « révolution sunnite » exclusive, affirmant que « toutes les composantes de la société syrienne ont fait partie de la révolution », et rappelant que certains Alaouites avaient aussi été victimes de manipulations par l’ancien régime.

    Violences sectaires et bilan humain

    La Syrie a connu une résurgence de violences sectaires plus tôt dans l’année, notamment dans les zones côtières en mars, où des centaines de membres de la minorité alaouite ont été tués. Des forces de sécurité liées au nouveau gouvernement ont été pointées parmi les auteurs de certains de ces actes.

    En juillet, des affrontements ont opposé les forces gouvernementales et leurs alliés à des tribus bédouines à Suwayda, faisant plus de 1 400 morts, principalement des civils. Al-Sharaa a reconnu l’existence de crimes et affirmé que l’État de droit devait prévaloir pour préserver les droits de tous.

    Droits des femmes et préoccupations

    Des organisations de défense des droits s’inquiètent du sort des femmes sous le nouveau gouvernement, évoquant des restrictions sévères imposées précédemment par des groupes comme Hayat al-Tahrir dans la région d’Idlib. Al-Sharaa a toutefois assuré que, sous son autorité, les femmes sont « autonomisées » et que leurs droits sont protégés et garantis.

    Il a ajouté que l’État s’efforce d’assurer une participation féminine active au gouvernement et au parlement, en suggérant de manière ironique : « Je crois que vous ne devriez pas craindre pour les femmes syriennes, craignez pour les hommes syriens. »

    Transition politique et élections à venir

    Al-Sharaa a insisté sur la nécessaire consolidation des institutions plutôt que sur l’accumulation du pouvoir individuel. Il a confirmé son engagement à organiser des élections à l’issue de la période de transition en cours, en rappelant que la Syrie n’est pas une tribu mais un pays aux idées riches.

    Il a précisé que des élections parlementaires auront lieu dans les cinq ans suivant la signature de la Déclaration constitutionnelle temporaire en mars, qui lui a donné mandat pour diriger la Syrie durant une transition de cinq ans. Pour al-Sharaa, le choix des dirigeants par le peuple est un principe fondamental, ancré aussi dans des valeurs religieuses, et nécessaire pour une gouvernance légitime.

    • Mandat de transition : cinq ans depuis la Déclaration constitutionnelle temporaire signée en mars.
    • Objectif affiché : renforcer les institutions et préparer des élections parlementaires.
    source:https://www.aljazeera.com/news/2025/12/6/syrias-al-sharaa-promises-peace-and-unity-in-face-of-israeli-aggression

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